Sauriez-vous retrouver les mots qui manquent ?
La réponse de l’auteur est ici.
Mais rien ne vous empêche de transformer le texte, et de publier en commentaire votre proposition.

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– Mais, avec vos quatre couleurs, que prétendez-vous montrer, M. Jacomino ?
– Je montre une écriture qui se cache derrière l’écriture. Comme quand, suite à un accident, une radiographie vous montre ce qui se cache dans la profondeur de votre jambe ou de votre bras…
– Il ne nous suffisait pas d’avoir affaire à une écriture…
– Il en existe deux. L’une qui cache l’autre…
– Et quelle serait l’une ?
– Celle que vous voyez… Quand vous lisez : « (Les enfants ) chantent », la forme chantent compte huit lettres.
– Sur ce point, je ne peux que vous approuver. Mais qu’y voyez-vous à redire?
– J’y vois à redire que ces huit lettres apparaissent bien distinctes (nous pouvons les dénombrer)… Tandis qu’à un niveau plus profond, elles ne le sont pas.
– Saperlipopette ! D’où vous vient cette idée ?
– Je prétends que cette distinction d’apparence recouvre un arrière-plan où les lettres n’ont pas toutes le même statut, pas la même valeur, et où certaines s’associent…
– Je crois deviner. Le ‘c’ et le ‘h’ forment un seul signe, de même que le ‘a’ et le ‘n’, tandis que le ‘t’ s’entend seul, et que la chaîne ‘ent’ ne s’entend pas du tout…
– Vous voici en chemin. Êtes-vous converti ?
– Une écriture donc qui montrerait ce qu’on entend…
– … derrière celle qui s’affiche. Qui fait la belle !
– Et l’intérêt de lever les lièvres, je veux dire de la montrer, cette seconde écriture, M. Jacomino ? L’avantage pour l’élève…?
– Je le constate dans les ateliers que j’anime au quotidien. Mais, du point de vue théorique, ces vérifications sont à peine nécessaires.
– Quelle mâle assurance…!
– Ne riez pas. Si cette seconde écriture existe, si elle opère bien en arrière-plan comme je l’ai démontré, et si c’est bien sur l’aperception que l’on peut en avoir que repose le travail de lecture, alors je ne conçois pas comment nous pourrions ne pas gagner à la mettre en évidence. À la montrer.
– « La vérité est toujours révolutionnaire… », affirmait éhontément Vladimir Illitch Oulianov, alias Lénine.
– Quel âge aviez-vous en 68 ? Bien sûr, vous n’étiez pas né.e…
– Etc…

La méthode d’apprentissage de la lecture-écriture en français intitulée « Décrire les mots » est centrée sur un série d’exercices dont les mini diaporamas « 5 mots de… » fournissent les supports.

Déroulé de la séquence
Elle s’organise en 4 moments

  1. Découverte d’un texte (poésie, chanson, fragment de conte) et extraction des 5 mots
  2. Travail collectif d’observation sur les 5 mots coloriés
  3. Travail collectif de recodage sur écran des 5 mots affichés en noir
  4. Travail individuel (ou en binômes) de recodage sur papier des 5 mots affichés en noir

Activités et notions
Il n’est évidemment pas nécessaire (ni souhaitable) que toutes les activités et notions listées ci-dessous soient abordées au cours de la même séquence. Ni qu’elles le soient dans l’ordre indiqué ici.
Il va de soi aussi qu’avec des élèves déjà exercés, on pourra choisir de travailler directement sur la diapositive « Je colorie », la diapositive « J’observe » ne venant qu’en seconde, pour vérification.

  1. On identifie globalement chaque mot (mot-forme) et on le dit
  2. On dit le nom des lettres
  3. On dit chaque son (phonème) qu’on entend dans le texte pour chaque touche bleue (phonogramme voyelle) que l’on montre
  4. On dit chaque son (phonème) qu’on entend dans le texte pour chaque touche rouge (phonogramme consonne) que l’on montre
  5. On dit chaque son (phonème) qu’on entend dans le texte pour chaque touche violette (phonogramme semi-consonne) que l’on montre
  6. On repère les lettres muettes
  7. On syllabe chaque mot en tapant dans ses mains
  8. On remarque que le nombre de syllabes frappées dans les mains correspond au nombre de touches bleues dans le texte (ce qui signifie que chaque syllabe contient un et un seul son-voyelle)
  9. On code la chaîne phonémique de chaque mot. Exemple : ATTENTION → V.CV.CiV
  10. On recherche et on dit des mots dont la forme orale présente la même chaîne phonémique, et l’on compare le nombre de lettres qui les composent, ce qui nous conduit à évoquer l’idée d’un Coefficient de Régularité Orthographique (CRO). (Ainsi, 2 mots présentant la même chaîne phonémique comme paru et souvent (i.e CV.CV) possèdent un CRO de 1 pour le premier et de 0,57 seulement pour le second.)