Théorie des Moulins à paroles (M@P

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Prémisses 

  1. Remarque. Quand on s’adresse à un enfant qui apprend à lire, on lui demande à chaque moment de son apprentissage (chaque mois de la classe de CP) s’il sait enfin lire. Tandis qu’à un enfant du même âge qui apprend à jouer d’un instrument de musique, on ne demande pas s’il sait enfin jouer de cet instrument, mais quel morceau classique il est occupé à travailler et s’il veut bien le jouer pour nous.
  2. Question. Plus tard, quand un professeur dit à un élève qu’il est faible en français, que suppose-t-il que celui-ci puisse (et doive) faire pour s’améliorer ?

Cinq concepts

L’usage des M@P implique que l’étude de la langue s’opère à l’intérieur de textes classiques (poèmes, chansons, fragments de prose). Cinq concepts définissent la forme que prend alors la démarche d’apprentissage, telle qu’elle s’amorce dans l’enfance et telle qu’elle se poursuit tout au long de la vie:

  1. Modularité. L’étude porte sur des objets littéraires clairement identifiés et circonscrits. Pour l’enfant (ou l’adulte) qui est faible en français, il s’avère toujours possible d’apprendre un poème, et de l’apprendre assez bien pour pouvoir le reconstituer de mémoire, à l’oral et à l’écrit, sans erreur.
  2. Globalité. L’étude de chacun de ces textes implique à la fois l’intelligence (grammaticale), la sensibilité humaine et artistique, et la mémoire. Elle prend en compte ce qui fait de la langue l’objet d’une science en même temps que l’objet d’un amour (Jean-Claude Milner). Elle engage la personne, body and soul.
  3. Historicité. Chaque texte étudié se présente comme un vestige et fournit à l’élève un repère historique. Avec ceux qu’il aura appris, il disposera d’une trame sur laquelle d’autres connaissances pourront s’ajouter et s’organiser au fil du temps.
  4. Portabilité. L’élève gardera les textes étudiés en mémoire tout au long de sa vie, ce qui lui permettra de renouer à tout moment, même les plus tardifs, avec celui qu’il était quand il les a découverts. Il pourra se remettre dans la peau de l’enfant puis de l’adolescent qu’il était alors, non sans mesurer du même coup la distance qui l’en sépare désormais.
  5. Communauté. Les textes que l’élève apprend avec les M@P sont des textes classiques, que beaucoup d’autres que lui ont appris, apprennent et apprendront dans notre pays comme ailleurs dans le monde. La connaissance que tous ces lecteurs en ont facilite et approfondit les possibilités de dialogue à l’intérieur du groupe qu’ils constituent, et qui réunit des vivants et des morts. Ce sont des références communes, des exemples à propos desquels il est plus facile de parler, de raisonner, de s’entendre.

La cage

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Dans la forêt une cage
seule
suspendue aux branches d’un arbre
jamais le même. Ouverte-fermée
pour accueillir chaque animal à son tour.
Accrochée là par la main invisible
d’un magicien.
Qui ensuite se retire.

Barbe blanche qui s’effile jusqu’aux genoux.
Haut dans l’arbre comme
lune qu’allume
l’animal qui s’y glisse. S’y enferme
toujours seul.

Une nuit et un jour. Corbeau,
renard ou libellule exposé
haut dans l’arbre
entre feuillages et étoiles
bruissant aussi bien.

Derrière quel tronc d’arbre,
l’écorce lisse sous sa main le
magicien se cache
pour surprendre le prodige.

Où chaque animal ainsi contenu
voit l’initiale de son nom revêtir
une fière majuscule.

Réservation

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Quand tu donnes une clé
à quelque Visiteur
venu si haut
te visiter dans la montagne.
Compte une à une les
marches d’escalier
couvertes de neige.
Arrivé le soir
sous les nuages gris
comme l’ardoise.
Glissantes, luisantes
comme l’ardoise.
Pour avancer
un peu dans le récit. Dans
le soir mouillé de nuit.
Quand tu donnes une clé.
Indique l’escalier. Le
chalet resté fermé
depuis des semaines.
Sapins encore visibles
à cause de la neige
où ils contrastent.
Traces de pas. Noir
des corbeaux.
Sa voiture quittée où
le chemin s’arrête
dans la terre et la neige.
Ses gants, son chapeau.
J’ai allumé le poêle. Vous
trouverez du bois,
du café, des corbeaux.
Pour le rêve de la nuit qui
vient. Tu n’ajoutes à la
clé pas de mode d’emploi.

Le jeu dans lequel un enfant bat encore la machine

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L’intelligence artificielle ne cesse de gagner du terrain. On sait qu’au jeu d’échecs Deep Blue, l’ordinateur d’IBM a battu le champion du monde Garry Kasparov en 1996. Et que, voici peu, AlphaGo a remporté une partie face à Lee Se-dol, le meilleur joueur de jeu de go au monde [+].

Pourtant, il reste au moins un jeu d’intelligence dans lequel un (bon) élève de dix ans peut battre encore toutes les machines (ou ce qu’on appelle systèmes de Traitements Automatiques des Langues).

Il est très simple et s’intitule Un mot caché.

Nous vous invitons à vous y essayer, seul ou en famille.

Nous attendons vos remarques. Et peut-être qu’une machine relève le défi.

Qui sait ?

Un mot caché dans…

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Attention ! Il n’est pas nécessaire de connaître le texte pour retrouver le mot caché. Parmi les 5 qui vous sont proposés, un seul peut occuper cette place.

Puis, composez une phrase avec chacun des 4 mots (formes) que vous n’aurez pas retenus pour compléter ce vers.

Un mot caché dans…

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Puis, composez une phrase avec chacun des 4 mots (formes) que vous n’aurez pas retenus pour compléter ce vers.