Quand un élève est faible en français, que peut-il faire pour s’améliorer ? La réponse à cette question n’est pas claire pour lui, ni pour ses parents. Et elle ne l’est guère davantage pour les professeurs eux-mêmes. Le fait est que l’enfant apprend à parler dans sa famille, plus largement dans son milieu social. Et que l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, attendu dans les premières années d’école, est largement conditionné par des facteurs personnels, au premier rang desquels le niveau des compétences linguistiques acquises à l’oral, même si, en retour, cet apprentissage les renforce et les étend. Concernant la maîtrise de la langue, l’école ne peut pas tout. L’essentiel des acquisitions s’opère hors de ses murs, raison pour laquelle il serait plus efficace et honnête, de la part de l’institution, d’inciter les familles à aider les enfants, de les aider à le faire, en leur indiquant un chemin, plutôt que les écarter, comme elle fait aujourd’hui, en prétendant réussir les remises à niveau les plus improbables par les seuls moyens dont elle dispose. L’école se doit de rendre aussi claire et distincte que possible la voie d’acquisition des compétences qu’elle réclame, à défaut de quoi elle continuera de creuser les inégalités plutôt que les réduire.

Extrait de La Joie d’apprendre, maintenant disponible en format papier (7,50 €)

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il voit il marche

ce qu’il nommait pont de chemin de fer

fenêtres fermées sur la voie ferrée

vibre sous les arches où
grince
et crisse

un tas de couvertures
abandonnées sur le sol

un rat furète l’accordéon absent

*

la suite renoue

la fiction répète à
chaque visite

vers la montagne qui clôt l’avenue
une nuit de feu d’artifice

les galets roulent du gris
à la lisière baveuse de l’eau
éteinte derrière
le globe des yeux
d’enfant

*

extériorité du lieu de soi
son éloignement debout arrêté
deux lourdes clés à la main
comme un essaim
au seuil du jardin
frôlent des touches de blanc

La vidéo

N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre.
Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre,
Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau.
N’écris pas !

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si je t’aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
N’écris pas !

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire :
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N’écris pas !

N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur ;
Que je les vois brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon cœur.
N’écris pas !