Baudelaire (Ch.), La Vie antérieure

J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l’unique soin était d’approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

Les Fleurs du mal (1857)

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2 Comments

  1. TAE. CM1. 14 élèves. Avons à peine commencé le texte, car les élèves se sont emparés du titre. Antérieure, intérieur, extérieur… Avons discuté du sens et des sonorités. Puis, de fil en aiguille, sans savoir pourquoi, nous sommes arrivés à des questions plus philosophiques : Le silence est-il un bruit ? Le rien est-il quelque chose ? Peut-on ne pas communiquer ? Ne rien faire, est-ce faire quelque chose ? Peut-on ne pas penser ?
    Et tout ça malgré une discipline « mouvementée ».
    Nous reprendrons le texte une autre fois.

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