Hugo (V.), Demain, dès l’aube…


→ Leçon. Autoportrait du poète en costume de deuil
→ Avez-vous bien lu? Questionnaire en ligne

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Les Contemplations (1856), Livre Quatrième, poème XIV.

Commentaire
Parmi les « grands intellectuels français », Victor Hugo apparaît sans doute comme le plus populaire. Quand il meurt en mai 1885, le peuple de Paris suit le catafalque. C’est qu’il n’a pas été seulement un prodigieux poète et un romancier puissant. Il s’est prononcé sur toutes les grandes questions politiques de son temps, aux premiers rangs desquelles la condition ouvrière et l’éducation. Pourtant l’événement le plus important de sa vie, celui qui l’aura le plus profondément marqué est un drame familial. Le 4 septembre 1843, sa fille Léopoldine se noie dans la Seine, près de Villequier, en compagnie de son mari Charles Vacquerie. Leur barque a chaviré… Et c’est ce deuil irréparable qu’évoque le poème composé quatre ans plus tard, le 4 octobre 1847. La simplicité, l’émouvante fluidité de l’écriture, comme l’examen du manuscrit, tendent à nous faire penser qu’il fut composé d’un seul mouvement.

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12 Comments

  1. Reprise ce matin au collège F. Mistral avec les élèves de la classe relais.
    Des nouveaux, qui ont découvert la méthode.
    Après un démarrage peu enthousiaste, l’intérêt s’est réveillé. Interrompus pour régler quelques difficultés, nous avons pu terminer la 1ère strophe et nous nous sommes promis de reprendre cela la semaine prochaine. Franche satisfaction de certains élèves.

  2. J’aime ce poème, car au début nous pensons que l’auteur (ou le narrateur) va rejoindre sa femme. Il est heureux. Mais ensuite, nous découvrons qu’il est triste. Et tout à la fin, nous comprenons qu’il fait ce voyage pour fleurir une tombe. Dans la réalité, il s’agit de la tombe de sa fille.
    (Amande, élève de 6e au collège Le Pré des Roures, 06. Référent Muriel Lacour.)

  3. J’ai beaucoup aimé ce texte. Bien sûr, il est triste. Mais il nous montre combien l’auteur aimait sa fille. Il marche jour et nuit pour enfin fleurir sa tombe.
    (Marie-Charlotte, élève de 6e au collège Le Pré des Roures, 06. Référent Muriel Lacour.)

  4. Nous avons beaucoup aimé ce poème. Il est triste, émouvant, magnifique. Au début, le personnage (narrateur) semble heureux d’aller rejoindre celle qu’il aime, et l’on pense qu’il s’agit de sa femme. Mais à la fin, nous comprenons qu’il est triste car sa fille est morte, et il va fleurir sa tombe.
    (Mathilde et Alice, élèves de 6e au collège Le Pré des Roures, 06. Référent Muriel Lacour.)

  5. Moment d’émotion, ce matin, 3e jour de SRAN et de m@p.
    Pendant l’étude de la 3e strophe, bien sûr, les enfants découvrent que la belle était morte.
    Soudain, T. demande : « dans tes m@p, tu as le Dormeur du Val ? » Et, moi agréablement surprise, je réponds par l’affirmative, ravie que ma jeune élève ait fait le rapport entre les deux poèmes ! Je demande : « pourquoi ? Vous l’avez appris à l’école ? » (ils viennent tous de la même classe). Et là, en chœur, menés par C. qui adore les m@ps, ils se mettent à réciter, sans une seule faute, le Dormeur du Val qui mousse de rayons ! J’ai eu les larmes aux yeux ! Un moment de beauté et d’émotion pures

    1. Magnifique ! D’autant plus qu’entre ces 2 poèmes, il y a davantage qu’une correspondance thématique. Il y a une analogie formelle, puisque ce sont 2 poèmes à suspens, dans lesquels la clé du mystère se découvre à la toute dernière ligne. Au point que je me demande parfois si le jeune Rimb. ne se serait pas inspiré du vieil Hug. !

      1. notamment dans les références à la lumière , c’est très net !
        Autre remarque hors sujet : Les enfants ont aussi énormément apprécié les tableaux de Courbet

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