Michon (P.): L’esprit était tiède, lui aussi…

Il arrive qu’on me demande: « Quel sens y a-t-il à apprendre par cœur des textes de poésie? ». Désormais, je ne resterai plus stupide, j’aurai une réponse – celle que fournit, non pas un vieil académicien, mais Pierre Michon lui-même. Le texte est cité par Yves Michaud, qui le poste sur son blog à la date du 10 janvier. Merci à lui, et à Claudio Orlando qui nous l’a signalé:

L’esprit était tiède, lui aussi, comme il est toujours. Je devais prier, appeler le cœur et l’âme, que cette femme méritait. J’essayais une de ces choses apprises au catéchisme, sans doute le Notre Père, je m’arrêtais très vite. Et puis le texte, la prière, s’imposa, venue de très loin, comme envoyée par un autre, et je la dis haut, pour que la morte l’entende, en quelque sorte: “frères humains qui après nous vivez, n’ayez les cœurs contre nous endurcis, car si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous merci.” Le cœur et l’âme accoururent, je dis le poème d’un bout à l’autre comme il doit être dit, dans les larmes, je me tins debout devant le cadavre de ma mère comme on doit s’y tenir, dans les larmes.

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