Tempête de rêves

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Oui, rêves au pluriel, pluie de rêves, tempête de rêves. Il y en avait tout plein hier soir, salle Pierre Brasseur au TNN, pour l’unique représentation de « Tempête ! », d’après le grand Will, mis en scène par Irina Brook, dans le cadre du festival « Shake Nice ».

Représentation initialement non prévue, mais merci, Madame, de ce précieux rajout, qui vient agrandir notre voyage autour du grand dramaturge. Et voilà pour le premier rêve.

Le deuxième rêve, c’est celui du spectateur, délicieusement perdu, égaré, troublé dans cette tempête. Le titre même de l’œuvre nous l’indique: s’il y a bien comme canevas, à l’instar de la commedia dell’arte, l’œuvre de Shakespeare, « La Tempête », la suppression de l’article défini et le rajout du point d’exclamation indiquent que nous sommes bien dans l’œil du cyclone. Ca va barder pour notre matricule.

Le troisième rêve, c’est celui d’Irina Brook : « Nous avons chacun ‘nos’ Shakespeare, les pièces qui sont proches de nous, qui résonnent, qui donnent envie de se jeter dans l’inconnu, sans savoir où l’on finira, qui nous attirent irrésistiblement et nous font rêver », dit-elle. Elle nous enchante en façonnant des personnages, telle une sculpteuse d’âmes qu’elle est, en rêvant des situations, en mariant l’improbable au burlesque, mais toujours en suivant le même fil rouge, qu’elle conduit d’une main ferme contre vents et marées.

Le quatrième rêve, c’est celui de Shakespeare. La tempête est un rêve fantasmagorique, une plongée dans l’illusion, un monde fait d’imaginaire mais où les relations sociales sont très présentes et dans lesquelles se lisent parfois la dureté d’une société, de toute société.

Je serais tenté de dire que le cinquième rêve est cet article. Comment celui-ci peut-il parler d’une pièce sans évoquer ce qu’il contient ? Mais j’en parle, j’en parle, je ne fais que ça ! « Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves. » L’important est que ces rêves soient des rêves éveillés.

Comment ne pas citer ces merveilleux acteurs, ces passeurs de rêves : Hovnatan Avékedian, Renato Giuliani, Scott Koelher, Jeremias Nussbaum, Ysmhane Yaqini (comment l’oublier dans le rôle de Miranda ?) Ces voix d’origines différentes, de cultures différentes, sont les garants, via leur diversité, d’une homogénéité. C’est ça, la « Irina ‘s touch. »
Merci, madame, merci.

IchJacques Barbarin

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