Twelfth night au TNN

Twelfth night

La Irina’s touch consiste, je l’ai mieux compris avec cette représentation de Twelfth night, même si je le devinais depuis le début de la programmation, la Irina’s touch donc consiste à nous égarer quelque peu au début de chaque spectacle. Vous nous baladez, Irina, vous nous baladez ! Mais comme il est bon d’être guidé par votre main dans votre jardin anglais, même si le dessin (je veux dire la mise en scène) n’est pas toujours signé de vous.

Ainsi en fut-il de ce Twlefth Night, d’après Shakespeare, mis en scène d’Atul Kamar, adaptation d’Amotosh Nagpal. Shakespeare en hindi. Je vois déjà les sceptiques qui montrent le bout de leur nez. Je leur rappellerai ce que me disait la maîtresse des lieux : « Partout dans le monde, tout le monde revendique Shakespeare comme le sien : en Géorgie, en Russie, aux États Unis, mais les français n’ont toujours pas admis que Shakespeare est leur auteur à eux. »

Et pourtant c’est bien ça le cadeau de Shakespeare à tous les metteurs en scène du monde, c’est qu’il se laisse tirer dans tous les sens et permet les inventions de chaque metteur en scène, et qu’on n’a pas besoin de le défendre, il se défend très bien tout seul.

Et ce Twlefth Night ne déroge pas à la règle. Une fois le premier dépaysement passé, une fois que l’on a admis que l’on n’a plus affaire à l’intouchable Shakespeare des tristes épigones, hé bien, l’on se rend compte que, justement, on est bien ici chez Will. Que cette somptuosité d’amours contrariés, contrariants, masqués, masquant, s’exprime aussi bien dans la culture hindou que dans n’importe quelle autre. On est dans l’universalité de discours amoureux shakespearien. Ce n’est pas Shakespeare chez Bollywood, c’est William chez Shakespeare.

Ils sont joyeux et heureux, ces 9 comédiens, musiciens et danseurs-là, qui, une fois leur rôle dit restent sur scène, comme chez Ariane Mnouchkine. Et même les débords textuels… « Le silence après Mozart, c’est encore du Mozart. » La bonne santé du grand Will permet cela. Je crois qu’il en aurait ri.

4 lieux de représentation (grande salle, petite salle, salle de répétitions, parvis) un bar accueillant pour boire un verre avant le spectacle, manger un morceau après, en toute quiétude, en toutes simplicité, le TNN nous a eu des airs de festival d’Avignon. Je rebaptiserai donc ce festival Avignon upon Avon.

À propos, savez-vous pourquoi Twelfth night se dit en français La nuit des rois ?

IchJacques Barbarin

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