Un monstre, des ailes

Personne ne peut soupçonner la vieille femme
qui habite la maison adossée à la forêt
d’être le monstre qui attaque des jeunes filles
sur le chemin qui mène à la scierie,
et les laisse ouvertes comme un livre
sous les branches frêles et les battements
d’ailes des corbeaux. Elle a un fils
qui habite à Paris. Il revient la voir
trois ou quatre fois par an. Le chemin
à pied depuis la gare. Le bruit des pas,
la buée de son souffle, les lunettes qu’il
retire pour en essuyer les verres. Arrêté,
il tourne son regard de myope et écoute
le bruit de la scierie et les cris des corbeaux
qui montent derrière les arbres.
On dit qu’il enseigne la philosophie
(sa préférence pour Gaston Bachelard) et
publie des poèmes d’une métrique savante.

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