Philosophe

Son bureau-bibliothèque ouvrant sur le fleuve.
Le bureau-bibliothèque tellement rempli de livres
et de liasses de papiers qu’il reste à peine
assez de place pour le fauteuil à haut dossier
où il se tient près de la fenêtre à barreaux
qui ouvre sur l’eau grise et profonde du fleuve.
La fenêtre fermée toujours mais qui laisse
entendre (résonner) le bruit sourd nuit et jour
du fleuve dont il serait, avec sa longue barbe
blanche, un dieu. L’odeur du fleuve
se mêlant à celle des livres, à l’encre
de ceux déjà écrits comme des autres un à un
qu’il ajoute. Lentement. Au fil des jours.
Nuit après nuit. Comme s’il habitait
lui-même dans le fleuve. Comme si le fleuve
traversait sa bibliothèque (sciences,
poésie, alchimie) et tous les livres qu’elle
contient comme ceux encore à l’encre bleue
de sa main qu’il compose. Traverse sa mémoire.
La peigne longuement. Et comme la réplique
à Paris de celui couvert de brume grise
près duquel il fut jeune en Bourgogne.
Comme si sa barbe se mêlait déjà aux flots
et aux algues du fleuve. Comme un noyé.

Publicités

Posted In:

3 Comments

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s