L’un et l’autre

Il est des lectures qu’on ne retrouve plus,
des textes qu’on a lus, à peine survolés
parfois, le plus souvent sur la Toile,
et dont on a perdu la trace. Ce soir c’est
à propos d’Alberto Giacometti. Pincée
de lignes qui évoquent sa haute silhouette
qui remonte (ou descend peut-être)
le boulevard Montparnasse, à la nuit
tombée. Sorti de son atelier où il a
longtemps travaillé seul,
dans la fumée des cigarettes (pas
de modèle) (pourquoi je vois son visage
tendu très près des œuvres qu’il sculpte,
attentif comme à une vie naissante de Pinocchio),
dans le contrejour des lumières
du boulevard et que sa silhouette est
un peu titubante, à la fois extraordinairement
présente et incertaine, parce qu’il a bu alors plusieurs
whiskies, et qu’il s’arrête pour en boire
encore 1 ou 2 dans des bars, avant de faire face
de nouveau à la caméra. Pourquoi je songe
aussi à Ascenseur pour l’échafaud
de Louis Malle (1956), en noir et blanc,
mais où c’est plutôt Jeanne Moreau qui marche,
seule et titubante sur ses hauts talons,
dans la nuit parisienne.

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