Je me souviens d’une maladie rare

plaque rimbaud ancien hopital de la conception

  • Je me souviens d’une maladie rare qu’on appelle le panhypopituitarisme.
  • Je me souviens que cette maladie est due est une insuffisance de l’ensemble des glandes périphériques sous contrôle de l’hypophyse.
  • Je me souviens être allé à Marseille avec mes parents, dans le début des années 60, consulter le professeur Jean Vague, une sommité en endocrinologie.
  • Je me souviens qu’en dépit de sa renommée, il était l’homme le plus simple du monde, gentil, d’une grande amabilité, à l’écoute.
  • Je me souviens que je fus hospitalisé plusieurs fois à l’ancien hôpital de la Conception.
  • Je me souviens qu’à l’actuel emplacement de l’hôpital de la Conception se trouvait jadis un couvent dédié à l’Immaculée Conception. Le quartier en a conservé le nom.
  • Je me souviens que cet hôpital a été construit en 1858 et dirigé par les Sœurs de l’Immaculée Conception.
  • Je me souviens qu’il fut entièrement démoli et reconstruit entre 1981 et 1986.
  • Je me souviens d’une petite cour intérieure où une plaque disait qu’un monsieur que je ne connaissais pas, Arthur Rimbaud, avait ici « rencontré la fin de son aventure terrestre. »
  • Je me souviens d’un très vieux bâtiment mais que je l’aimais.
  • Je me souviens que les bâtiments modernes, même s’ils sont fonctionnels, propres, efficaces, tout ce que vous voulez, ne me donnent pas cette fascination.
  • Je me souviens avoir été hospitalisé dans une grande salle commune.
  • Je me souviens qu’il y avait un unique poste de télévision, en noir et blanc, bien sûr.
  • Je me souviens que pour pouvoir la mettre en marche, il fallait mettre des pièces dans le monnayeur.
  • Je me souviens qu’à cette époque il ne devait y avoir qu’une chaine de télé.
  • Je me souviens que cet hôpital était un immense quadrilatère, il devait faire quatre étages, je logeais au dernier, et au centre il y avait une sorte de jardin avec des arbres et des bancs.
  • Je me souviens que je regardais cette sorte de jardin avec nostalgie. Déjà.
  • Je me souviens que, pour pouvoir subir certains examens, j’avais dû aller à l’ancien hôpital de la Timone.
  • Je me souviens que cet hôpital porte ce nom parce qu’il appartenait à la famille Timon, qui y fait construire en 1765 une bastide et donne au lieu le nom de Timone.
  • Je me souviens que ce n’est qu’en 1869 que la ville acquiert les lieux et leur donne leur vocation actuelle en y installant une extension de l’asile municipal établi non loin.
  • Je me souviens que cette maladie ne m’empêche pas de vivre mais qu’elle m’empêche de vivre.
  • Je me souviens de me dire que, au fond, une maladie rare, ce n’est pas si mal que ça ! Au moins, on a quelque chose en soi qui est rare.
  • Je me souviens que le professeur Jean Vague est mort le 20 avril 2003.
  • Je me souviens que je dédie ces lignes à sa mémoire.
  • Je me souviens que rien ne doit être plus beau que d’avoir un enfant.

IchJacques Barbarin

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