Jean-François Manier par Benoît Hopquin

Je relève ces lignes parce qu’elles feraient un M@P délicieux. Et l’occasion de vanter les charmes d’un vrai métier. Mais c’est tout le feuilleton qu’il faut lire, le « Road trip à la française, cinquième étape » de Jean-François Manier (pour le texte) et Christopher Anderson (pour les photos), que M. Le magazine du Monde présente comme « la grande affaire de l’été ». Ah ! Jean-François Manier, que l’on voit ici feuilleter un livre, est le patron de Cheyne éditeur bien connu de tous les amateurs de poésie.

L’homme ouvre un livre qui vient de sortir des presses, le manie avec délicatesse, respect, comme on le ferait d’un incunable. Il montre les pages où chaque mot est sculpté dans l’épaisseur du papier, avec une ligne nette, impeccable. Les vers ainsi modelés, physiquement, n’en prennent que plus de relief, de profondeur, de contour et, finalement, de sens. Il y a dans tout cela l’amour du mot, intellectuel et charnel, d’esprit et de corps. Il peut arriver de reprendre plusieurs fois un travail d’impression comme un auteur écrit, biffe, rature, recommence. Puis les pages sont cousues entre elles, sur une machine des années 1930, avant de passer à la reliure.
« L’hexagone par la tangente », sur M. Le magazine du Monde.

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