Pour mieux comprendre

Quand il tourne devant un groupe, le M@P remplit une fonction primordiale qui conditionne l’apprentissage et qui consiste à rendre la lecture à la fois plus lente et plus active, plus attentive de la part de chacun en même temps que mieux partagée que ne le permet un livre.

Le M@P affiche un texte sur un écran où on le lit ensemble, et il en fait disparaître des mots qu’il s’agira de retrouver, grâce à quoi l’attention des lecteurs est requise en même temps qu’ils sont incités à parler de lui. Pédagogie active, en quoi se marque une rupture avec le cours où c’était le professeur presque toujours qui s’exprimait.

Et cette parole échangée sera pour le même texte différente selon l’âge, les goûts et les compétences des protagonistes, selon le cadre et les objectifs qu’on fixe à la « leçon ». Même si la plupart des séquences de M@P convoquent plusieurs disciplines de savoirs, il s’en trouve qui sont toutes pour la poésie, d’autres qui sont toutes pour la grammaire et l’orthographe, d’autres pour l’histoire de l’art, d’autres enfin où l’on choisit, à un moment ou un autre, d’éteindre la « lanterne magique », de se passer du texte pour écouter de la musique et pour écrire.

Le point remarquable est que, dans tous les cas, un M@P fait parler d’un texte littéraire sans trop se laisser intimider par lui. Il incite chaque lecteur à concentrer son attention sur le détail des mots qui le composent, en s’imprégnant, au fur et à mesure que se déroule la séance, du climat général de l’œuvre.

Quel que soit son niveau de compétence, le lecteur ne se contente plus de glisser à la surface du texte comme fait un patineur sur de la glace. Arrêté à chaque pas par l’absence de mots qu’il doit retrouver (choisir) parmi plusieurs autres possibles, il se comporte comme un spéléologue qui descendrait au bout d’un fil dans la profondeur de l’œuvre en même temps que dans l’esprit de son auteur.

Enfin, après qu’on a beaucoup parlé de l’œuvre, quand les élèves se retrouvent seuls ou à deux pour la récrire de mémoire, il est infiniment rare que les erreurs qu’ils commettent dans le choix des mots affectent le sens des phrases. Et ceci atteste qu’ils n’apprennent pas sans comprendre, démentant ainsi les craintes que beaucoup d’adultes nourrissent encore à propos de la mémorisation.

À retenir

La reconstitution mémorielle d’un texte n’en est pas la copie mémorielle. C’est la construction onomasiologique d’un texte second (T2) correspondant au Sens que le lecteur a d’abord extrait du texte initial (T1). Ce qui signifie qu’une reconstitution correcte (en ce qu’elle préserve le sens) est la meilleure attestation de ce que le texte a bien été compris.

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