Les archigraphèmes de Nina Catach

J’ai travaillé hier avec deux adultes allophones sur Une souris verte. Ces dames montraient une grande difficulté à prononcer nos voyelles, en particulier les [œ] (« œuf ») et/ou [ø] (« feu », « fleur »), à laquelle s’ajoutait celle de reconnaître les différents graphèmes qui les transcrivent dans le texte. Je m’agaçais de ce que nous ne disposions pas d’un support visuel assez ferme (et simple) pour nous concentrer davantage sur la prononciation, si bien que, travaillant avec elles, j’ai songé aux archigraphèmes de Nina Catach. Et, en rentrant chez moi, j’ai ajouté une diapositive (1.0) qui les inclut–pour les voyelles seulement, en les colorant pour marquer l’opposition voyelles/consonnes, et avec de petites variantes (É, È, EU) autorisées par l’utilisation des capitales accentuées sur nos nouveaux claviers.

J’essaierai d’expérimenter cela avec un CP dès la rentrée. Si des collègues utilisent ce système, je suis preneur de leurs remarques.

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2 Comments

  1. Tant mieux si cette situation te permet de préciser et d’adapter les outils que nous utilisons ! Je crois quand même que, dans tout apprentissage, il s’agit plus de s’apprendre à soi-même que de se laisser apprendre. Cela ne veut pas dire que le dispositif d’apprentissage n’est pas important, au contraire, mais simplement même avec le meilleur outils du monde, tu ne pourras pas empêcher les difficultés intrinsèques à l’apprentissage subjectif d’advenir. Ouf !

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    1. Je reconnais bien à cette remarque la psychologue-psychanalyste. Tu as raison, sans doute, mais nous ne nous situons pas sur le même registre. Quelle que soit la motivation de l’élève (sur laquelle peut travailler un psychologue), ma mission de pédagogue est de l’aider à apprendre de la manière à la fois la plus efficace et la mieux éclairée. De plus, le but poursuivi n’est pas seulement pédagogique, il est aussi scientifique. Noam Chomsky disait (à l’époque où il était encore un éminent linguiste) que comprendre comment fonctionne une langue et comprendre comment elle s’apprend (et donc doit s’enseigner) sont deux questions étroitement associées, intriquées, solidaires. J’ai toujours aimé travailler avec les élèves les plus en difficulté, non pas (d’abord) parce que je leur voulais du bien mais parce que c’était en travaillant avec eux que j’apprenais le plus et le mieux sur la langue.

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