Les correcteurs orthographiques au secours de la réforme

Surprenant qu’il soit si peu question des correcteurs orthographiques à propos de la réforme. Une première remarque pourtant s’impose. Quand en 1990 celle-ci a été pensée et voulue, les logiciels de traitement de texte en étaient à leur début, alors qu’ils sont devenus aujourd’hui d’usage courant. Le but pouvait être alors d’éviter des occasions d’erreurs en simplifiant certaines orthographes (comme c’est le cas quand on fait disparaître l’accent circonflexe sur « paraitre » et sur « disparaitre »), ou en en rendant d’autres mieux conformes à l’oral (comme quand on remplace « événement » par « évènement »). Mais aujourd’hui l’enjeu n’est plus le même. Il n’est en effet pas de subtilités, voire d’étrangetés concernant la forme des lexèmes (c’est-à-dire les mots non-fléchis) que ces logiciels ne soient capables de garder en mémoire et de rappeler au scripteur.

On ne manquera pas d’opposer à cela que tout le monde n’écrit pas sur écran. À quoi je répondrai que si certains ne le font pas encore, ce sont des élèves, jeunes ou moins jeunes, pour la simple raison que, dans l’exercice de leur métier d’élèves, il leur est interdit de le faire. Pourquoi? et jusqu’à quand?

Je ne sous-estime pas le nombre et l’énormité des fautes que les mêmes commettent quand, en dehors de toute obligation, ils se risquent à écrire (sur les réseaux sociaux notamment). Mais comment ne pas voir que l’immense majorité des erreurs que les correcteurs orthographiques laissent passer concernent les flexions, qu’elles relèvent donc de la grammaire, à quoi les réformateurs ne sont pas prêts de s’attaquer, sauf à considérer certaines règles d’accord des participes passés qui font déjà figure de fossiles.

Les élèves d’aujourd’hui sont destinés à écrire des courriers numériques. C’est à la qualité de ces écrits qu’ils seront jugés par leurs amis comme par leurs clients ou par leurs employeurs. Et la plus fréquente et la plus désolante erreur qu’ils devront éviter est celle qui consiste à remplacer le participe passé des verbes du premier groupe, quand ils sont conjugués au passé composé, par un infinitif.

Est-ce à dire que cette réforme, devenue inutile, serait destinée à rester lettre morte? Certainement pas. Si les correcteurs orthographiques prennent en compte la nouvelle orthographe, celle-ci s’imposera, quoi que puissent en dire et penser les plus lettrés d’entre nous. Et, sauf erreur de ma part, c’est bien ce qu’en silence, sous nos yeux et nos doigts étonnés, ces robots sont en train de faire.

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