La cour apparaît derrière la fenêtre…

La cour apparaît derrière la fenêtre grillagée de la cuisine du petit restaurant vietnamien situé au pied de l’immeuble où tu vécus. L’appartement au sol couvert de tomettes rouges situé à l’étage le plus haut de l’immeuble qui borde le boulevard rectiligne par où vous descendiez à la plage, vous disiez, à la mer. Mais la plus grande partie de tes journées se passait dans cette cour qui se trouve derrière l’immeuble. Perché sur un haut tabouret, tu manges une barquette de nouilles aux crevettes, ton regard tourné vers la cuisine au fond de laquelle apparaît, dans l’encadrement de la fenêtre, le feuillage d’un laurier planté dans la cour. Ta mère se penchait à la fenêtre de sa cuisine pour t’enjoindre de remonter les cinq étages, le bruit de ta voix parmi celles des autres enfants qu’elle entendait résonner depuis le matin, occupé que vous étiez à jouer au ballon et à faire des tours de bicyclette. L’heure du soir violet est maintenant venue de renoncer aux jeux. Tu gravis les marches, tu te laves les mains, tu regagnes ta chambre où tu dois encore déplier le pupitre métallique trop maigre et trop raide, avant d’ouvrir une partition et de t’emparer enfin du violon couché dans sa boîte comme du bras d’un ami manchot que tu tâches d’entraîner avec toi sur les chemins.

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