Lyrique

Au début de l’après-midi, dans une ville du sud de l’Italie, une rue déserte. Un homme marche à l’ombre étroite des façades, un chapeau de paille sur la tête, il tourne à angle droit dans une rue étroite avec, tout au bout, la clarté éblouissante d’une place. On voit le personnage de dos, puis seulement le bas des pantalons et les souliers qui marchent sur le sol poussiéreux et, devant lui, un chien.

Le théâtre sur la place inondée de soleil, le personnage de dos qui entre dans le hall désert, le traverse à grands pas, puis pénètre dans la salle aux fauteuils vides. Il s’avance dans la salle où l’on découvre un second personnage occupé à chanter, seul sur la scène, qui répète sans s’interrompre lorsqu’il voit l’autre s’approcher, celui qui, en entrant, a ôté son chapeau.

La même place ornée de mûriers. On n’entend rien, pas le moindre souffle d’air dans les feuillages qui portent une ombre d’encre sur sol autour d’eux, ni la voix du chanteur. Le chien s’arrête sur la place, à l’ombre d’un mûrier, et il s’assied, la langue pendante. Il attend.

Celui qui chante est vu de loin, du fond de la salle, silhouette trapue, le crâne chauve et les moustaches. Il porte l’habit et chante seul dans une salle aux fauteuils vides. Répète un air. Il va jusqu’au bout de cet air, jusqu’à la note aiguë qu’il redoute, qu’un jour (bientôt) il ne pourra plus atteindre, sans regarder l’intrus, celui qui parcourait la rue et qui s’avance maintenant dans l’allée, entre les rangées de fauteuils vides.

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