Sulpiciens suppliciés (à Ernest Pignon-Ernest)

Les draps ne sont pas faits
pour être déroulés suspendus
de très haut sur les façades d’immeubles
pas faits pour porter des images
de visages de corps nus
sulpiciens suppliciés araignées
accrochées aux façades où elles grimpent
sous le ciel lourd de nuages de pierre
les pires présages déjà accomplis
ciels et bétons armés au cœur de villes
ouvertes déjà défaites où s’exposent
les corps nus ou vêtus de lambeaux de
draps ceux qui s’abritent dans les décombres
heurtent aux murs et relèvent la tête
ôtent leur masque de chauve-souris surpris
le pied levé paupières creuses leurs longs bras
inutiles arrêtés par la peur ils font
face au peloton d’exécution ils dévisagent
l’objectif du photographe de guerre depuis
tant de nuits qu’Ernest Pignon-Ernest
dessine on croirait dans des caves
pour ensuite remonter et étendre ses draps
blancs au soleil on connaît que la guerre
un seul jour n’a cessé

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s