Piano à queue

Il danse
sur un piano, la nuit.
Danse, posé
de tout son corps
écartelé
sur un piano qui fut
lui-même descendu
du ciel au bout d’un fil.
Sur le toit en terrasse
d’un immeuble.
Et celui-ci résonne
donnant à entendre
la danse qu’on ne voit pas.
La nuit.
Enregistre l’extension
du bras et du doigt
tendu au bout du bras
frappant une note blanche
sur le clavier.
L’extension du pied
au bout d’une jambe lancée
l’autre pliée sous lui.
Sans voir aucun visage
pas même les yeux
du public réuni en cercle
autour du piano noir luisant
sur le toit en terrasse
de l’immeuble haut dressé.
Comme un doigt dans la nuit
de la ville invisible. Noyée.
Qu’on entend respirer
et rire quelquefois.
Enregistre les exploits
du corps seul appliqué
comme poulpe aveugle
sur un rocher que caresse et bat
la bave blanche et salée de la mer.
Que la nuit inonde.
Que les constellations enduisent
de clarté. La Grande Ourse,
Orion et le Sagittaire fouettant
un couple de chevaux
sous le chapiteau d’un cirque.

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