Vues de Nice

Ils ne sont pas reçus chez moi.
Je vais les rencontrer
dans les cafés et
les jardins qui sont
autour de l’opéra,
devant la mer où l’on
parle, l’un
assis sur un banc
de bois peint en blanc,
les deux mains dans les poches
de son manteau, le col
relevé et des lunettes
sur les yeux, devant
l’éblouissement des vagues
et du soleil qui descend
sur la mer, tandis que
l’autre, debout, lui tourne
le dos(à la mer), un soulier
posé sur le banc,
le buste penché en avant,
pour mieux se faire
entendre.

Puis je les quitte.
Lentement je remonte dans
le quartier des musiciens,
sous la gare où arrivèrent
des voyageurs russes,
une valise à la main,
pour se cacher, se soigner,
fumer des cigarettes,
dans des studios loués
à la semaine,
où est mon appartement
rempli de livres,
une fenêtre ouverte sur la cour,
où je ne reçois personne.

[Dans Que vit-il?]

Publicités

Posted In:

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s