Avenue Bellevue

La rue fait une boucle, elle s’écarte de la ville sur une butte où les maisons sont basses, précédées d’un jardin. L’écart où s’énonce la rue est celui de la nuit qui vient. Qui s’étend sur la ville. Tous deux, main dans la main, nous gravissons la rue déserte à la recherche d’une maison dont mon père tient le numéro écrit sur un papier. Marchant d’un lampadaire à l’autre pour le lire et relire. Cueillant un reste de clarté dans le ciel où nos silhouettes se dessinent. Puis, la grille passée, montons un escalier mal éclairé pour trouver un appartement vide. Fenêtres ouvertes sur la nuit avec, aux murs, des tapisseries qui pendent. L’odeur du plâtre. Qu’il s’agit de louer pour que vienne l’occuper un oncle qui est encore en Algérie. Dont mon père me parle comme de son jeune frère et parce qu’il s’inquiète pour lui. Engagé qu’il est dans une guerre depuis laquelle il nous écrit, puis nouvellement évacué des Aurès vers un hôpital militaire où il est soigné pour une pleurésie. Et qui nous rejoindra bientôt.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s