Images fautives

On entre dans la maison, ensuite on ne la quitte plus. On peut circuler partout dans la maison, de jour comme de nuit, mais les impressions que l’on a de passer la porte et d’en sortir sont fautives. Ce sont des illusions. Ainsi du petit jardin avec son citronnier que vous pensez trouver derrière la maison, sans qu’on y voie jamais personne. Ainsi des pommiers et de la pie. Ainsi du linge étendu qui bat. Ainsi des nuages blancs que vous apercevez au faîte de la colline. Ainsi de la rivière, de la jeune fille assise dans l’herbe et de la licorne. Chacune de ces images appartient à un lieu de la maison, sans qu’il existe entre elles aucune continuité. Sans qu’aucune ne varie dans sa composition, hormis celle de l’homme nu debout, les bras croisés sur sa poitrine, qu’une cascade incessante inonde, mais auquel il arrive d’apparaître, à la place de l’eau, pendu par la tête ou par les pieds. Quant aux chevaux du temps, qui vont par deux, se peut-il vraiment qu’ils conversent entre eux et que, parvenus au point de manger dans votre main, ils vous sourient?

Advertisements

Posted In:

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s