Il y a un moment, chaque nuit

Il y a un moment, chaque nuit, où la nuit vous réveille. Où il s’agit d’aller tirer de l’eau fraîche au robinet de la cuisine et de la boire. De vous pencher pour voir derrière la vitre le linge qui bat pendu à son fil dans le jardin et, du même coup, s’il y a de la lune, pour surveiller la crête par où les chiens arrivent. Surtout d’aller retrouver tel livre dont le souvenir s’est imposé à vous durant votre sommeil. Il semble que ce soient, plus souvent que les autres, le Quichotte que pourtant vous avez si peu lu et le Montaigne qu’il vous suffit de toucher alors dans le noir pour que certaines pages vous en reviennent comme des images d’un film. Après cela, que fut le monde, que devint-il? À peu près rien, jusqu’à cette possibilité d’écouter de la musique sur votre iPhone, de visionner quelques courtes vidéos et, bien sûr, de prendre ce peu de phrases en notes avant de vous rendormir. Des écritures qui font des ocellures comme celles que continuent de peindre Yayoi Kusama dans cet hôpital psychiatrique situé près de Tokyo où on nous indique qu’elle s’est retirée. On parle d’ocellures, songez-vous, à propos du pelage du tigre. Lisez-vous le Quichotte dans sa langue, et Borges? Vous ne sauriez le dire.

Prestige (travail en cours)

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