L’Amérique d’E. Lazarus, F. Kafka et G. Perec

Nous ajoutons à notre collection un M@P (il est ICI) inspiré par la lecture du petit livre de Georges Perec, Ellis Island (P.O.L., 1995), dont il reprend tout particulièrement les pages 65-66.

Si L’Amérique a été publié après Le Procès et Le Château, la critique considère que sa rédaction leur a été antérieure, puisqu’il aurait été composé entre 1911 et 1914 (et laissé inachevé). La phrase citée dans la traduction qu’en donne Alexandre Vialatte est la toute première du livre, dont Georges Perec coupe une partie, le texte intégral étant: « Lorsque, à seize ans, le jeune Karl Rossmann, que ses pauvres parents envoyaient en exil parce qu’une bonne l’avait séduit et rendu père, entra dans le port de New York sur le bateau déjà plus lent… »

La critique considère que ce n’est pas par erreur que F. Kafka met une épée dans la main de la statue, mais ce remplacement reste pour autant inexpliqué. On voit que G. Perec y insiste. Il sera intéressant de demander à des élèves de réfléchir sur la question, et de tenter d’y apporter une réponse personnelle.

Les vers d’Emma Lazarus sont cités par G. Perec en traduction française. La voici:

donnez-moi ceux qui sont las, ceux qui sont pauvres,
vos masses entassées assoiffées d’air pur,
les refus misérables de vos terres surpeuplées
envoyez-les-moi
ces sans patrie ballottés par la tempête
je lève ma lampe près de la Porte d’Or

Composés en 1883, ces vers sont repris d’un sonnet intitulé Le Nouveau Colosse (The New Colossus) et figurent depuis 1903 sur le piédestal de la statue de La Liberté. On en retrouve le texte intégral (original et traduction) sur Wikipédia.

Avec des élèves, le travail linguistique sur le M@P pourra être complété par des recherches. Celles-ci porteront sur le sculpteur qui signe la statue, et sur Ellis Island ainsi que sur toute l’histoire de l’immigration aux États-Unis dont ce coin de terre a été, au cours d’une période inaugurale de la nation, le haut lieu et le symbole.

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1 Comment

  1. C’est vrai que New York est tellement cosmopolite, on peut dire que c’est une véritable terre d’accueil. Ce qui fait d’ailleurs tout son charme avec sa population venant de tous les horizons. La statue de la liberté est par ce fait bien appropriée pour siéger dans ce lieu d’émancipation, d’affranchissement et d’indépendance. (je ne sais pas si ces termes sont bien choisis mais ce sont ceux qui me sont venus).
    Les élèves allophones sont bien-sûr directement concernés par les migrations, ce qui est certainement une expérience marquante à leur âge, mais qui peut leur être bénéfique pour ne pas être trop attaché à une terre d’origine et être capable de changement.
    Le problème est que cela devient un phénomène trop important et l’on ne peut pas accueillir en Europe tous les êtres de la planète, en exagérant un peu. Mais que faire ? C’est compréhensible que ces populations pauvres et persécutées recherchent une vie meilleure. Je ne vois pas de solutions à ce problème, d’autant plus qu’un nombre croissant d’européens ont de plus en plus de mal pour trouver un emploi et vivre normalement avec un revenu décent. Nous allons vers une impasse qui semble inéluctable. Une solution serait de diminuer nos besoins, de partager le travail et qu’il n’y ait plus de « surconsommation ».
    Ceci était une parenthèse, car le problème des migrants demeure. Mais si l’on est capable de mieux partager les ressources, nous pouvons peut-être accueillir plus de monde. Surtout qu’en Europe, on ne peut pas dire que nous « fassions » beaucoup d’enfants, la population semble être de plus en plus vieillissante.
    Une chose est sûr : il faut que nos sociétés changent de façon profonde, et cela ne semble pas être le cas. Cela ne présage rien de bon…

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