L’Amérique, de F. Kafka (+ E. Lazarus, G. Perec)

La vidéo

lorsque, à seize ans, le jeune Karl Rossman
entra dans le port de New York sur le bateau
déjà plus lent, la statue de la Liberté, qu’il
observait depuis longtemps, lui apparut dans
un sursaut de lumière. On eût dit que le bras
qui brandissait l’épée s’était levé à l’instant
même, et l’air libre soufflait autour de ce
grand corps.

Franz Kafka, L’Amérique (œuvre posthume, première publication 1927)
Traduction d’Alexandre Vialatte

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1 Comment

  1. La composition de ce M@P a été inspirée par la lecture du petit livre de Georges Perec, Ellis Island (P.O.L., 1995), dont il reprend tout particulièrement les pages 65-66.

    L’Amérique de F. Kafka a été publié après la mort de son auteur, et après les premières éditions du Procès et du Château. Pour autant la critique considère que sa rédaction leur a été antérieure. Elle remonterait aux années 1911-1914, au bout desquelles il est laissé inachevé.

    La phrase que nous citons dans la traduction qu’en donne Alexandre Vialatte est la toute première du livre, dont Georges Perec coupe une partie, le texte intégral étant: « Lorsque, à seize ans, le jeune Karl Rossmann, que ses pauvres parents envoyaient en exil parce qu’une bonne l’avait séduit et rendu père, entra dans le port de New York sur le bateau déjà plus lent… »

    La critique considère que ce n’est pas par erreur que F. Kafka met une épée dans la main de la statue, mais ce remplacement reste pour autant inexpliqué. On voit que G. Perec y insiste. Il sera intéressant de demander à des élèves de réfléchir sur la question, et de tenter d’y apporter une réponse personnelle.

    Les vers d’Emma Lazarus sont cités par G. Perec en traduction française. La voici:

    donnez-moi ceux qui sont las, ceux qui sont pauvres,
    vos masses entassées assoiffées d’air pur,
    les refus misérables de vos terres surpeuplées
    envoyez-les-moi
    ces sans patrie ballottés par la tempête
    je lève ma lampe près de la Porte d’Or

    Composés en 1883, ces vers sont repris d’un sonnet intitulé Le Nouveau Colosse (The New Colossus) et figurent depuis 1903 sur le piédestal de la statue de La Liberté. On en retrouve le texte intégral (original et traduction) sur Wikipédia.

    Avec des élèves, le travail linguistique sur le M@P pourra être complété par des recherches. Celles-ci porteront sur le sculpteur qui signe la statue, et sur Ellis Island ainsi que sur toute l’histoire de l’immigration aux États-Unis dont ce coin de terre a été, au cours d’une période inaugurale de la nation, le haut lieu et le symbole.

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