Le Dormeur du val, d’Arthur Rimbaud

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Recueil de Douai (1870)

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1 Comment

  1. Séance menée en novembre par Christian Jacomino avec ma classe de 4e2 du collège Maurice Jaubert à l’Ariane. Après avoir introduit le contexte historique du poème, sa lecture strophe par strophe a permis la découverte aussi savoureuse que choquante de sa chute finale, que les élèves, sensibles aux indices disséminés dans le texte, avaient pour certains pressentie. En complément de l’étude du poème, et afin d’enrichir la culture littéraire et musicale de ces derniers, « Le Déserteur » de Serge Reggiani, mêlant le poème de Rimbaud à la lettre ouverte de Boris Vian, résonne dans la classe. Une séance très riche et encore très appréciée des élèves et de leur professeur !

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