De ses cheveux la roussoyante Aurore…, de Pierre Ronsard

La vidéo

[J’ai suivi, pour ce M@P, le texte donné par la belle édition: Ronsard & Muret, Les Amours, leurs Commentaires (1553), de Christine de Buzon et Pierre Martin, coll. « Classiques Didier Érudition », Didier Érudition, 1999, pp. 129-130, en en modernisant néanmoins l’orthographe. Je rétablis l’orthographe originale dans la copie suivante:]

De ses cheveus la roussoiante Aurore
Eparsement les Indes remplissoit,
Et jà le Ciel à lons traits rougissoit
De maint émail qui le matin decore,

Quand elle vit la Nymfe que j’adore,
Tresser son chef, dont l’or qui jaunissoit,
Le crespe honneur du sien esblouissoit,
Voire elle-mesme & tout le ciel encore.

Lors ses cheveus, vergogneuse arracha,
Si qu’en pleurant sa face elle cacha,
Tant la beauté des beautés lui ennuie :

Et ses soupirs parmi l’aer se suivans,
Trois jours entiers enfanterent des vens,
Sa honte un feu, & ses yeus une pluie.

Les Amours (1553), Sonnet 91

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