Tous les matins du monde, de Pascal Quignard

Monsieur de Sainte Colombe entrouvrit le cahier de musique en maroquin tandis que Monsieur Marais versait un peu de vin cuit et rouge dans son verre. Monsieur Marais approcha la chandelle du livre de musique. Ils regardèrent, refermèrent le livre, s’assirent, s’accordèrent. Monsieur de Sainte Colombe compta la mesure vide et ils posèrent leurs doigts. C’est ainsi qu’ils jouèrent les Pleurs. À l’instant où le chant des deux violes monte, ils se regardèrent. Ils pleuraient.

Tous les matins du monde, Pascal Quignard, Gallimard, 1991, p. 134-135.

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