Un certain sourire, de Françoise Sagan

Soudain je ne vis plus la mer que dans un brouillard. Je me sentis étouffer. Je portai la main à mon front, il était inondé de sueur. J’avais la racine des cheveux trempée. Une goutte glissait lentement le long de mon dos. Sans doute la mort n’était-elle que cela: un brouillard bleu, une chute légère. J’aurais pu mourir, je ne me serais pas débattue.
Je saisis au passage cette phrase qui n’avait fait qu’effleurer ma conscience et était prête à s’en échapper aussitôt sur la pointe des pieds: « Je ne me débattrais pas. » (81)

Le bonheur est une chose plane, sans repères. Aussi de cette période à Cannes ne me reste-t-il aucun souvenir précis, sauf ces quelques instants malheureux, les rires de Luc et, dans la chambre, la nuit, l’odeur suppliante et fade du mimosa d’été. (82)

Un certain sourire, Françoise Sagan, René Julliard, 1956 [Pocket, 4061]

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