Débuts avec Célia Houdart

Un été brûlant et sans pluie, on n’en voyait plus la fin, que j’ai occupé à remettre à jour mes Moulins à paroles (M@P) et à lire des romans. J’ai commencé par Virginie Despentes, dont je n’avais rien lu, avec le premier volume de Vernon Subutex, en me disant que j’enchainerais sans mal avec les deux suivants. Mais je n’ai pas tenu cent pages. Non pas que l’auteur manquerait de talent, mais parce que son talent n’est pas mis à construire un environnement aux lignes claires, dans lequel il soit agréable au lecteur de se tenir et où puissent se combiner des itinéraires (des histoires) complexes, qui traversent l’espace et le temps. Avec des miroirs qui pivotent. Des arrière-plans, des retours. En fait, cela me donnait une idée plus précise de ce que je recherchais sans le trouver ici.

J’ai à peine mieux réussi avec Christine Angot. De la journée nous ne pouvions pas sortir, et le soir encore il fallait éviter les trottoirs où donnait le soleil. Du côté de notre cuisine et de la chambre où je travaille, j’aperçois de petits africains qui jouent en culottes sur des balcons étroits, et dont le père, la journée finie, vient raser le crâne avec une tondeuse électrique. La nuit, toutes les fenêtres ouvertes sur la cour, on entend tousser et parler entre soi comme sur une place de village.

J’ai eu un moment de bonheur avec Un an (1997) de Jean Echenoz, qui m’avait échappé et qui m’a permis de ne pas désespérer du monde. Mais je voulais quelque chose de plus récent. Puis une première averse est tombée. Le lendemain, à la librairie Massena, j’ai découvert les livres de Célia Houdart publiés chez P.O.L.. J’ai commencé par Les merveilles du monde (2007), j’ai enchaîné tout de suite après avec Tout un monde lointain (2017). Le premier raconte l’histoire d’un photographe qui voyage entre la Suisse et le Mexique, et cite Edward Weston. Le second se situe à Roquebrune-Cap-Martin et est centré sur la Villa E. 1027 d’Eileen Gray.

Quand il pleut, la nuit, l’air de la cour est traversé d’infimes et innombrables vibrations faites de bruits et de lueurs. Comme des pétales ou des langues de feu. Lorsqu’on se réveille à leur bruit, c’est dans l’obscurité, mais les lueurs se voient dans notre esprit. Je me lève pour aller entrouvrir les volets de la cuisine et mettre le nez dehors. D’autres font comme moi, un coude appuyé sur la barre de fonte. Maintenant que je l’ai trouvée, je vais continuer avec Célia Houdart.

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