Les « Deux écritures » à l’ESPE de Nice

À l’invitation de Bruno De Cara, j’interviendrai demain devant les professeurs stagiaires du CAPPEI (Certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive) de l’ESPE de Nice, en son pôle de Draguignan, pour leur présenter la méthode des « Deux écritures ».

Ci-dessous le diaporama que j’ai préparé pour cette rencontre, que je fais suivre de quelques remarques.

Les méthodes classiques d’apprentissage de la lecture-écriture en français reposent sur la prédiction. On enseigne des règles qui permettraient de prédire l’oral à partir de l’écrit (lecture) ou de prédire l’écrit à partir de l’oral (écriture). Or ces règles sont très nombreuses et toutes incertaines.

Il est plus difficile de les apprendre que d’apprendre à lire et à écrire. Et, parce qu’il n’en est pas une seule sur laquelle il puisse s’appuyer de manière sûre, elles procurent à l’élève un sentiment de désarroi et d’insécurité.

À la différence de celles-ci, la méthode des « Deux écritures » consiste à observer et à décrire la réalité des mots-formes. Elle donne l’occasion aux élèves de parler de ces mots, de les scruter et de les manipuler jusqu’à produire des codages convaincants.

L’élève qui apprend à lire-écrire se voit ainsi engagé dans une démarche expérimentale, à caractère collectif, qui comporte des essais, des tâtonnements, des vérifications, des erreurs, des corrections, et qui permet de dégager des règles de manière inductive.

Exemple:

  • Quelqu’un propose de coder la forme PETIT, telle qu’on l’entend dans J’ai un petit frère.
  • Pierre propose PE.TIT ♦︎♦︎.♦︎♦︎♦︎
  • On demande à Julie de lire ce mot tel que Pierre l’a codé.
  • Julie prononce alors, si sa lecture est exacte, la forme PETITE telle qu’on la rencontre dans J’ai une petite sœur.
  • On remarque ainsi que le ‘e’ muet fait entendre une consonne terminale qui se note à l’écrit mais qui, sans lui, resterait muette.
  • La forme PETIT, telle qu’on l’entend dans J’ai un petit frère, doit donc se coder PE.TIT  ♦︎♦︎.♦︎♦︎

Activités d’apprentissage

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2 Comments

  1. Long et passionnant échange. De nouveau, nous butons sur la symbolique de la chaîne phonémique en I (consonnes) et O (voyelles). Une collègue parle d’utiliser des jetons avec ses élèves de GS, et Bruno De Cara suggère quant à lui d’utiliser des symboles non-alphabétiques, par ex. des figures géométriques. De retour, j’opte pour de petits losanges qui ne se différencieront que par la couleur : rouge pour les consonnes, bleu pour les voyelles et violet pour les semi-consonnes. Merci pour leur aide.

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    1. En rentrant de Draguignan, j’écoute Michel Callon sur France-Culture, que je ne connaissais pas. Je fais quelques recherches le concernant, puis je note ceci: « Mon dispositif d’apprentissage de la lecture écriture repose sur de tout petits dispositifs technologiques qui mettent en évidence des notions linguistiques abstraites, qu’il n’est pas nécessaire de définir avec les élèves mais qu’il s’agit de montrer. C’est comme dans les films américains, lorsque quelqu’un déclare: ‘Quand je vois un brave homme (ou autre chose), je sais le reconnaître’. Et je me dis que cette complémentarité entre la théorie scientifique et le dispositif technique est peut-être cela même que cette équipe de chercheurs désigne sous le nom de Théorie de l’acteur-réseau. »

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