Deux écritures – Méthode

Deux écritures est une méthode syllabique d’apprentissage de la lecture-écriture en français qui consiste à partir de la forme orale des mots, c’est-à-dire de la perception que les enfants ont de ceux-ci avant de savoir lire. Ainsi, on ne se demande pas d’abord comment se dit ce que l’on voit, mais plutôt comment ce que l’on dit vient se marquer (s’imprimer) à l’écrit.

La première constatation que les élèves sont invités à faire est qu’il n’existe pas de correspondance régulière (1 pour 1) entre la chaîne de signes que l’on entend (phonèmes) et celle des signes que l’on voit (lettres). Cela s’observe dans un mot d’une seule syllabe comme JOUR. On met en évidence que cette syllabe se compose de 3 signes qu’on entend (sons ou phonèmes) tandis que le mot écrit se compose de 4 signes (lettres).

On fait entendre que le son clair, qui est au cœur de cette syllabe, est le /u/ et qu’il se marque (s’imprime) avec deux lettres. Nous convenons que désormais celui-ci, dans tous les cas, sera appelé voyelle, et que l’on coloriera en bleu la ou les les lettres qui le marquent.

Les autres sons ne sont pas clairs, ce sont plutôt des bruits. Nous convenons que désormais ils seront appelés consonnes, et que nous colorierons en rouge les lettres qui les marquent.

Après quoi, nous découpons d’autres mots en syllabes et, dans chaque syllabe, nous faisons le même travail. Ce qui signifie que le mode d’apprentissage proposé aux élèves consiste à produire un codage colorié de mots dont ils n’ont pas à prédire la forme orale à partir de la forme écrite, ni l’inverse, qu’ils n’ont donc pas à lire ou à écrire, mais dont leur seront indiquées, d’entrée de jeu, la forme orale et la forme écrite.

Remarques

  1. La méthode des Deux écritures pourrait être qualifiée d’ultra-syllabique dans la mesure où elle repose toute entière sur la perception et la manipulation de la syllabe, sans que soit enseignée une valeur phonétique supposée des graphèmes. Ceux-ci, en effet, (a) sont jugés trop nombreux pour fournir une base d’apprentissage, (b) ont le statut d’entités abstraites dont la réalité (et donc la valeur phonétique) ne se vérifie qu’à l’intérieur des mots-formes une fois ceux-ci identifiés et donc compris (ex. BER.GER).
  2. À la différence de plusieurs autres méthodes, Deux écritures ne se propose pas de codifier les contrastes phonémiques à l’intérieur des trois grands systèmes (voyelles, consonnes, semi-consonnes), ce qui serait le cas si nous attribuions la même couleur à tous les phonogrammes correspondant au même phonème. Nous nous en tenons à contraster, à l’intérieur de la syllabe, la voyelle et ses éventuels satellites des deux catégories: consonnes et semi-consonnes. Pourquoi? D’abord parce que, sur le versant de la lecture, il ne nous paraît pas opportun de remplacer le système d’écriture alphabétique de la langue par un autre système qui le redoublerait, que l’élève aurait à apprendre et qui s’avèrerait au moins aussi complexe. Ensuite parce que, sur le versant de l’écriture, nous souhaitons que l’élève puisse, le plus tôt possible, aller chercher lui-même, derrière l’écriture canonique, la chaîne de contrastes phonémiques catégoriels (voyelle, consonnes, semi-consonnes) qui forme l’architecture de la syllabe. Or, avec le système restreint que nous proposons, il peut se livrer lui-même à ce codage, qui représente un travail de manipulation matérielle, dès la première séquence de découverte.
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