penché à la fenêtre
debout en retrait
devant la fenêtre ouverte

il bascule le dos équipé d’ailes
dans le violet du soir

photos venues sur mon écran de
poche (pas un miroir )
dans la nuit que les hivers traversent
une poupée défaite glisse du haut
du talus accrochée par les cheveux

à l’abri des manches de manteaux
roides nos mains gercées s’étreignent

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il voit il marche

ce qu’il nommait pont de chemin de fer

fenêtres fermées sur la voie ferrée

vibre sous les arches où
grince
et crisse

un tas de couvertures
abandonnées sur le sol

un rat furète l’accordéon absent

*

la suite renoue

la fiction répète à
chaque visite

vers la montagne qui clôt l’avenue
une nuit de feu d’artifice

les galets roulent du gris
à la lisière baveuse de l’eau
éteinte derrière
le globe des yeux
d’enfant

*

extériorité du lieu de soi
son éloignement debout arrêté
deux lourdes clés à la main
comme un essaim
au seuil du jardin
frôlent des touches de blanc

Les nuits d’automne furent
celles aussi des duels au couteau
pâles et soyeuses lueurs des lames
derrière les guitares du bal
dans la ruelle où la tête
renversée sous la lune et la pluie
l’on mourait pour soi seul
dans un monde fini sans imaginer
qu’un ouragan dévasterait un jour
le port et la ville