On n’enseigne pas le français, en France, comme on enseigne l’anglais ni même les mathématiques. Pour la raison que l’avenir des mathématiques ne dépend pas vraiment de la manière dont elles sont enseignées en France, ni même de ce qu’elles le soient.

Si, demain, les écoles de notre pays n’enseignaient plus les mathématiques, ce serait dommage pour leurs élèves, ce serait dramatique pour le pays, sans doute, mais les mathématiques ne s’en porteraient pas plus mal, puisque l’on continuerait de les enseigner ailleurs. En revanche, pour ce qui est de la langue, il n’en va pas ainsi.

Sans doute restera-t-il toujours une université américaine, ou australienne, ou japonaise, enfouie sous les arbres, pour enseigner la langue de Verlaine à une poignée d’étudiants triés sur le volet. Des étudiants qui en sauront peut-être plus sur cette langue que nos propres étudiants d’aujourd’hui. Mais ceux-ci la scruteront alors, et l’apprendront alors comme une langue morte.

L’avenir du français dépend de la manière dont il est enseigné, jour après jour, dans notre pays. Ce qui signifie que l’un des buts principaux de cet enseignement regarde la langue elle-même. Quoi qu’on en dise. Même si l’on fait mine de l’oublier.

Une école existe d’abord pour transmettre une tradition. On étudie une langue et on l’enseigne, d’abord pour pouvoir continuer de lire ce qui s’est écrit, au fil des siècles, dans cette langue. L’intérêt personnel des élèves ne vient qu’ensuite. Il est très important, sans doute. Mais un avenir doit se construire sur un socle, s’envisager dans un cadre, ou dans un élément, comme on dit de l’air et de la mer.

La langue est l’élément premier dans lequel s’envisage l’avenir de nos enfants. Et celui-ci doit être préservé, comme l’on songe enfin à préserver la nature.

La langue est la nature pour notre esprit. Et elle réclame autant de soin et d’amour, autant de respect que n’en réclame l’autre.

Qu’avons-nous enfin appris au cours des quinze ou vingt années qui viennent de s’écouler? Que nous ne pouvions pas faire n’importe quoi avec la nature. Que celle-ci a ses exigences. Ses règles, ses lois, que nous devons respecter si nous voulons éviter de lui faire du mal, de la faire souffrir, ce qui ne se produit pas sans que, tôt ou tard, nous ne souffrions nous-mêmes.

Le mal que nous faisons à la nature, c’est sur nous qu’il se retourne. Il nous mine au plus profond de nos corps, comme le découvrait Erin Brokovich, alias Julia Roberts, dans le beau film de Steven Soderbergh (2000).

Voilà ce que nous avons appris. Pour ne pas faire de mal à la nature, nous devons être à l’écoute de ses rythmes intimes. Or la langue mérite la même écoute attentive et précise. Elle recèle ses propres curiosités, elle possède ses propres exigences que l’école a pour vocation première d’enseigner aux élèves.

Et cet enseignement a un nom, depuis toujours. C’est la grammaire.

Voir aussi
La Langue n’est pas une mathématique

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Mesdames et messieurs les professeurs. Il vous sera facile d’utiliser ce QCM en classe. Il vous suffit pour cela de copier les 5 mots au tableau. Demandez aux élèves de réfléchir, seuls ou en groupes, puis de justifier leur choix aussi clairement que possible. La grammaire leur proposera ainsi une « situation problème ».

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La méthode d’apprentissage de la lecture-écriture avec les « Moulins à paroles » (M@P) repose sur cinq principes.

  1. La langue s’apprend. L’élève s’éveille à l’idée qu’il parle avec les mots des autres, dans les formes (les règles) et avec les contenus (les richesses) d’une langue partagée, qu’il doit connaitre et respecter pour communiquer de la manière la plus exacte avec ceux qui l’entourent.
  2. L’étude de la langue s’opère dans des textes classiques. On fait travailler ensemble l’intelligence et la sensibilité, on ne sépare pas le goût de l’art et celui de la grammaire. On garde à l’esprit la question que pose Jean-Claude Milner : « Que faut-il que soit la langue pour qu’on puisse en désigner aussi bien l’objet d’une science que l’objet d’un amour » (L’amour de la langue, 1978, p. 25).
  3. L’apprentissage s’opère sur un mode actif et ludique, entendu que l’exactitude, l’effort, la précision, la répétition, la coopération et la compétition font partie du jeu.
  4. Le mentor a toujours clairement à l’esprit les notions qu’il souhaite faire acquérir aux élèves, même si celles-ci ne sont pas nécessairement explicitées mais plutôt activées par des représentations et des manipulations. Ce qu’on ne peut pas dire (encore), on le montre.
  5. L’enfant est celui qui apprend, et qui en éprouve de la joie. Les autres motivations sont secondaires.

Pour aller plus loin