Cette façon qu’ont les livres de rester dans le silence et l’obscurité de la maison. D’attendre. Ailleurs, dans les rues, c’est le défilé du carnaval. En plus des chars, d’immenses ballons vivement colorés figurent des tigres et des dragons. Le sol est jonché de confettis et de serpentins mais, dans le ciel bleu très sombre, les ballons évoquent une pureté étrange et désertique à laquelle nous avait habitués, il y a bien longtemps déjà, les dessins de Moebius. Où animaux et machines se combinent pour former des appareils compliqués, hauts parfois de plusieurs étages, que des enfants juchés au faîte conduisent en dormant. Lorsque nous sommes rentrés, Arthur Gordon Pym m’attendait dans son volume de La Pléiade acheté en 66-67 à la librairie Lyceum du boulevard Gambetta. Hier, le relisant, je notais que l’emballement fiévreux que Georges Bataille imprime aux premières pages de l’Histoire de l’œil pouvait être inspiré par son premier chapitre, où l’on voit que deux garçons dorment dans le même lit, après un dîner copieusement arrosé, quand l’un se réveille tout à coup et déclare que la nuit est trop belle, trop froide et si évidemment porteuse d’une tempête qu’il convient d’aussitôt se vêtir, courir démarrer le minuscule canot qui les attend au port et cingler vers le large. Mais il était trop tard.

Une des fautes d’orthographe les plus courantes aujourd’hui est celle qui consiste à confondre l’infinitif des verbes du premier groupe (ceux en -er) avec leurs participes passés (en -é).

Cette erreur est bien compréhensible. Elle tient à ce que nous ne faisons aucune différence à l’oral entre « J’ai mangÉ » et « Je vais mangER ».

Les formes « mangé » et « manger » existant bien toutes deux en français, le correcteur orthographique de votre traitement de texte ne vous est, sur ce point, d’aucune aide. En revanche, il suffit de raisonner un peu pour éviter l’erreur.

La parade est classique. Chaque fois qu’on hésite, on essaie de remplacer le mot qui pose problème par un verbe du deuxième ou du troisième groupe.

Dans la phrase « Je vais manger », il est facile de voir que l’on peut remplacer « manger » par « courir », « attendre », « finir », « coudre ». Il s’agit donc bien d’un infinitif (en -er).

Tandis que, dans la même phrase, on voit bien que le remplacement du même mot par un participe passé (« couru », « attendu », « fini » « cousu ») est impossible. Les phrases seraient incorrectes.

À l’inverse, si nous considérons la phrase « J’ai mangé », nous voyons bien que nous pouvons la transformer en « J’ai couru », « J’ai attendu », « J’ai fini », etc… Tandis que le remplacement par un infinitif (« courir », « finir », etc…) serait impossible.

Est-ce clair ? Je vous propose maintenant de vérifier votre habileté à éviter cette erreur avec un QCM.

Questionnaire

Pour l’amour de la langue…

Présentation du partenariat entre la Ville de Nice et l’association Ars legendi
& du dispositif « Moulins à Paroles » M@P
  • Par Lauriano Azinheirinha, Adjoint au Maire de Nice délégué à l’Éducation, Conseiller métropolitain, Député suppléant,
  • Fatima Khaldi, Adjointe au Maire de Nice déléguée au Territoire Rives du Paillon, Conseillère métropolitaine,
  • Jean-Luc Gag, Conseiller Municipal délégué au Patrimoine historique, à la Littérature, à la Lutte contre l’illettrisme, au Théâtre et à la Langue niçoise, Conseiller métropolitain,
  • & Christian Jacomino, Docteur en Sciences du langage, Chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, Directeur de l’association Ars legendi

Vendredi 10 février 2017 à 14 heures ·
à la Bibliothèque Louis Nucéra – BMVR
2, place Yves Klein – Nice

Confirmation de votre présence obligatoire : caroline.martinaux@nicecotedazur.org

Vendredi 10 février à 14 heures à la Bibliothèque Louis Nucéra, la Ville de Nice et l’association Ars legendi, présenteront les « Moulins à paroles » M@P, un outil d’apprentissage de la langue réalisé en partenariat avec la Ville de Nice, ainsi que les usages qui en sont aujourd’hui faits à Nice et dans le département, au service des élèves et de leurs familles.

Ponctuée par des témoignages de partenaires, d’enseignants, d’élèves, de parents et de volontaires du Service Civique engagés dans l’action, cette conférence de presse se propose d’aborder :

  • La lutte contre l’illettrisme : une cause prioritaire pour la Ville de Nice
  • Les Moulins à paroles M@P : définition et démonstration
  • L’appropriation de l’outil par des étudiants : partenariats avec le Service Civique et Unis Cité
  • Les ateliers M@P : organisés à l’école, dans les collèges et les quartiers.
  • L’association Ars Légendi travaille notamment en partenariat avec le CCAS Village sur le quartier de l’Ariane, sur le même thème de l’illettrisme.

Réalisé en partenariat avec la Ville de Nice par le biais de ses bibliothèques et ses délégations à l’Education, aux Quartiers, à la Lutte contre l’illettrisme et à la Littérature, l’outil M@P permet d’améliorer la maîtrise de la langue à l’oral et à l’écrit, tout en enrichissant la culture générale dans les domaines de la poésie, des arts, de l’histoire…

··· Association Ars legendi

Créée en 2003, Ars legendi est une association reconnue d’intérêt général, agréée depuis juin 2012 par le Rectorat de Nice pour l’exercice d’activités complémentaires de l’enseignement public conduites dans le cadre des dispositifs-relais, ainsi que par le Service civique. Elle est membre, depuis juin 2016, d’EducAzur, premier cluster français dédié aux Ed-Techs et à l’e-Education. En 2016, Ars legendi a remporté l’appel à projets lancé par la Fondation Afnic, sous l’égide de la Fondation de France, pour la solidarité numérique.

Soutenue par la Ville de Nice, l’association Ars legendi édite les « Moulins à paroles » M@P. Conçus et réalisés depuis 2008 par Christian Jacomino, les M@P sont de petits livres destinés à l’apprentissage de la lecture-écriture. Chaque volume est consacré à une œuvre littéraire (poème, conte ou chanson) qu’il s’agit de lire puis de reconstituer, au fur et à mesure que le texte s’efface, en rétablissant les mots dans les phrases puis les lettres dans le mot.

Bibliothèque Louis Nucéra – BMVR
2, place Yves Klein – Nice
04 97 13 48 00
http://www.bmvr.nice.fr

Ars legendi
contact@touslesmap.org
06 84 48 57 24
https://touslesmap.org/

On entre dans la maison, ensuite on ne la quitte plus. On peut circuler partout dans la maison, de jour comme de nuit, mais les impressions que l’on a de passer la porte et d’en sortir sont fautives. Ce sont des illusions. Ainsi du petit jardin avec son citronnier que vous pensez trouver derrière la maison, sans qu’on y voie jamais personne. Ainsi des pommiers et de la pie. Ainsi du linge étendu qui bat. Ainsi des nuages blancs que vous apercevez au faîte de la colline. Ainsi de la rivière, de la jeune fille assise dans l’herbe et de la licorne. Chacune de ces images appartient à un lieu de la maison, sans qu’il existe entre elles aucune continuité. Sans qu’aucune ne varie dans sa composition, hormis celle de l’homme nu debout, les bras croisés sur sa poitrine, qu’une cascade incessante inonde, mais auquel il arrive d’apparaître, à la place de l’eau, pendu par la tête ou par les pieds. Quant aux chevaux du temps, qui vont par deux, se peut-il vraiment qu’ils conversent entre eux et que, parvenus au point de manger dans votre main, ils vous sourient?

Pour chaque commande publique à laquelle elle décide de répondre, une association comme la nôtre, acteur de l’Économie Solidaire et Sociale, doit remplir un dossier Cerfa, qui est un questionnaire administratif réglementé.

Dans ce dossier il revient à la structure de préciser quels sont les objectifs de l’action, ainsi que les moyens, les outils et la méthode qu’elle se propose de mettre en œuvre en réponse à l’Appel À Projets.

Un chapitre important de ce dossier s’intitule « Méthode d’évaluation et indicateurs (quantitatifs/qualitatifs) choisis au regard des objectifs ci-dessus ».

À titre indicatif, je reproduis ici la réponse que nous fournissons dans le dernier dossier instruit par notre équipe.


Nos « clients » ne sont pas des « élèves », puisque nous ne connaissons pas tous nos élèves par leurs noms et que nous ne pouvons pas les dénombrer de manière absolue. Nous ne pouvons dénombrer que l’effectif cumulé de nos ateliers. Nos « clients » sont donc les « Référents », c’est-à-dire les responsables des lieux qui nous accueillent et qui nous désignent des élèves (les mêmes ou différents à chaque séquence d’animation).
Nos évaluations s’appuient sur cette notion de Référents autant que sur le nombre d’heures d’animations et sur les effectifs cumulés des participants.

1 – Données quantitatives
Chaque séquence d’atelier que notre équipe anime donne lieu à une inscription dans un tableau où se trouvent indiqués: Les noms des animateurs; les date, heure et durée de l’animation; le nom du Référent (responsable du lieu qui nous invite); l’effectif des participants; le titre du M@P travaillé; des remarques.
Ainsi pouvons-nous à tout moment calculer, lieu par lieu, et/ou pour la totalité de nos activités, le total des heures travaillées et le total des effectifs. Ce qui nous permet d’obtenir une donnée brute que nous intitulons « Indice d’animation » qui consiste dans le nombre d’heures d’animations multiplié par l’effectif cumulé.

2 – Données qualitatives
Depuis le 7/12/2016, chaque Référent se voit proposer un questionnaire d’évaluation de notre travail qui comporte 4 critères: (i) Qualité de l’outil numérique, (ii) Qualité de l’animation, (iii) Réception des élèves, (iv) Bénéfice pour les apprentissages.
Chacun de ces critères est noté de 1 à 5. Et une page de notre site est régulièrement mise à jour qui indique:

  • Le nombre de référents ayant répondu à notre questionnaire (22 à ce jour)
  • La note (/5) pour chacun de ces critères.
  • La moyenne générale (/5) (qui est, à ce jour, de 4,8).

Nous ne rendons publiques (sur notre site) que des données chiffrées. Mais nous sommes prêts à fournir à tout moment, sur demande de nos autorités de tutelle, les tableaux-sources qui nous permettent de dégager ces données.

… À la fin de l’envoi, je touche: On se demande quelquefois pourquoi le dossier Cerfa n’est pas plus largement utilisé pour évaluer la réalité des actions financées par les deniers publics…