Une des fautes d’orthographe les plus courantes aujourd’hui est celle qui consiste à confondre l’infinitif des verbes du premier groupe (ceux en -er) avec leurs participes passés (en -é).

Cette erreur est bien compréhensible. Elle tient à ce que nous ne faisons aucune différence à l’oral entre « J’ai mangÉ » et « Je vais mangER ».

Les formes « mangé » et « manger » existant bien toutes deux en français, le correcteur orthographique de votre traitement de texte ne vous est, sur ce point, d’aucune aide. En revanche, il suffit de raisonner un peu pour éviter l’erreur.

La parade est classique. Chaque fois qu’on hésite, on essaie de remplacer le mot qui pose problème par un verbe du deuxième ou du troisième groupe.

Dans la phrase « Je vais manger », il est facile de voir que l’on peut remplacer « manger » par « courir », « attendre », « finir », « coudre ». Il s’agit donc bien d’un infinitif (en -er).

Tandis que, dans la même phrase, on voit bien que le remplacement du même mot par un participe passé (« couru », « attendu », « fini » « cousu ») est impossible. Les phrases seraient incorrectes.

À l’inverse, si nous considérons la phrase « J’ai mangé », nous voyons bien que nous pouvons la transformer en « J’ai couru », « J’ai attendu », « J’ai fini », etc… Tandis que le remplacement par un infinitif (« courir », « finir », etc…) serait impossible.

Est-ce clair ? Je vous propose maintenant de vérifier votre habileté à éviter cette erreur avec un QCM.

Questionnaire

Pour l’amour de la langue…

Présentation du partenariat entre la Ville de Nice et l’association Ars legendi
& du dispositif « Moulins à Paroles » M@P
  • Par Lauriano Azinheirinha, Adjoint au Maire de Nice délégué à l’Éducation, Conseiller métropolitain, Député suppléant,
  • Fatima Khaldi, Adjointe au Maire de Nice déléguée au Territoire Rives du Paillon, Conseillère métropolitaine,
  • Jean-Luc Gag, Conseiller Municipal délégué au Patrimoine historique, à la Littérature, à la Lutte contre l’illettrisme, au Théâtre et à la Langue niçoise, Conseiller métropolitain,
  • & Christian Jacomino, Docteur en Sciences du langage, Chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, Directeur de l’association Ars legendi

Vendredi 10 février 2017 à 14 heures ·
à la Bibliothèque Louis Nucéra – BMVR
2, place Yves Klein – Nice

Confirmation de votre présence obligatoire : caroline.martinaux@nicecotedazur.org

Vendredi 10 février à 14 heures à la Bibliothèque Louis Nucéra, la Ville de Nice et l’association Ars legendi, présenteront les « Moulins à paroles » M@P, un outil d’apprentissage de la langue réalisé en partenariat avec la Ville de Nice, ainsi que les usages qui en sont aujourd’hui faits à Nice et dans le département, au service des élèves et de leurs familles.

Ponctuée par des témoignages de partenaires, d’enseignants, d’élèves, de parents et de volontaires du Service Civique engagés dans l’action, cette conférence de presse se propose d’aborder :

  • La lutte contre l’illettrisme : une cause prioritaire pour la Ville de Nice
  • Les Moulins à paroles M@P : définition et démonstration
  • L’appropriation de l’outil par des étudiants : partenariats avec le Service Civique et Unis Cité
  • Les ateliers M@P : organisés à l’école, dans les collèges et les quartiers.
  • L’association Ars Légendi travaille notamment en partenariat avec le CCAS Village sur le quartier de l’Ariane, sur le même thème de l’illettrisme.

Réalisé en partenariat avec la Ville de Nice par le biais de ses bibliothèques et ses délégations à l’Education, aux Quartiers, à la Lutte contre l’illettrisme et à la Littérature, l’outil M@P permet d’améliorer la maîtrise de la langue à l’oral et à l’écrit, tout en enrichissant la culture générale dans les domaines de la poésie, des arts, de l’histoire…

··· Association Ars legendi

Créée en 2003, Ars legendi est une association reconnue d’intérêt général, agréée depuis juin 2012 par le Rectorat de Nice pour l’exercice d’activités complémentaires de l’enseignement public conduites dans le cadre des dispositifs-relais, ainsi que par le Service civique. Elle est membre, depuis juin 2016, d’EducAzur, premier cluster français dédié aux Ed-Techs et à l’e-Education. En 2016, Ars legendi a remporté l’appel à projets lancé par la Fondation Afnic, sous l’égide de la Fondation de France, pour la solidarité numérique.

Soutenue par la Ville de Nice, l’association Ars legendi édite les « Moulins à paroles » M@P. Conçus et réalisés depuis 2008 par Christian Jacomino, les M@P sont de petits livres destinés à l’apprentissage de la lecture-écriture. Chaque volume est consacré à une œuvre littéraire (poème, conte ou chanson) qu’il s’agit de lire puis de reconstituer, au fur et à mesure que le texte s’efface, en rétablissant les mots dans les phrases puis les lettres dans le mot.

Bibliothèque Louis Nucéra – BMVR
2, place Yves Klein – Nice
04 97 13 48 00
http://www.bmvr.nice.fr

Ars legendi
contact@touslesmap.org
06 84 48 57 24
https://touslesmap.org/

On entre dans la maison, ensuite on ne la quitte plus. On peut circuler partout dans la maison, de jour comme de nuit, mais les impressions que l’on a de passer la porte et d’en sortir sont fautives. Ce sont des illusions. Ainsi du petit jardin avec son citronnier que vous pensez trouver derrière la maison, sans qu’on y voie jamais personne. Ainsi des pommiers et de la pie. Ainsi du linge étendu qui bat. Ainsi des nuages blancs que vous apercevez au faîte de la colline. Ainsi de la rivière, de la jeune fille assise dans l’herbe et de la licorne. Chacune de ces images appartient à un lieu de la maison, sans qu’il existe entre elles aucune continuité. Sans qu’aucune ne varie dans sa composition, hormis celle de l’homme nu debout, les bras croisés sur sa poitrine, qu’une cascade incessante inonde, mais auquel il arrive d’apparaître, à la place de l’eau, pendu par la tête ou par les pieds. Quant aux chevaux du temps, qui vont par deux, se peut-il vraiment qu’ils conversent entre eux et que, parvenus au point de manger dans votre main, ils vous sourient?

Pour chaque commande publique à laquelle elle décide de répondre, une association comme la nôtre, acteur de l’Économie Solidaire et Sociale, doit remplir un dossier Cerfa, qui est un questionnaire administratif réglementé.

Dans ce dossier il revient à la structure de préciser quels sont les objectifs de l’action, ainsi que les moyens, les outils et la méthode qu’elle se propose de mettre en œuvre en réponse à l’Appel À Projets.

Un chapitre important de ce dossier s’intitule « Méthode d’évaluation et indicateurs (quantitatifs/qualitatifs) choisis au regard des objectifs ci-dessus ».

À titre indicatif, je reproduis ici la réponse que nous fournissons dans le dernier dossier instruit par notre équipe.


Nos « clients » ne sont pas des « élèves », puisque nous ne connaissons pas tous nos élèves par leurs noms et que nous ne pouvons pas les dénombrer de manière absolue. Nous ne pouvons dénombrer que l’effectif cumulé de nos ateliers. Nos « clients » sont donc les « Référents », c’est-à-dire les responsables des lieux qui nous accueillent et qui nous désignent des élèves (les mêmes ou différents à chaque séquence d’animation).
Nos évaluations s’appuient sur cette notion de Référents autant que sur le nombre d’heures d’animations et sur les effectifs cumulés des participants.

1 – Données quantitatives
Chaque séquence d’atelier que notre équipe anime donne lieu à une inscription dans un tableau où se trouvent indiqués: Les noms des animateurs; les date, heure et durée de l’animation; le nom du Référent (responsable du lieu qui nous invite); l’effectif des participants; le titre du M@P travaillé; des remarques.
Ainsi pouvons-nous à tout moment calculer, lieu par lieu, et/ou pour la totalité de nos activités, le total des heures travaillées et le total des effectifs. Ce qui nous permet d’obtenir une donnée brute que nous intitulons « Indice d’animation » qui consiste dans le nombre d’heures d’animations multiplié par l’effectif cumulé.

2 – Données qualitatives
Depuis le 7/12/2016, chaque Référent se voit proposer un questionnaire d’évaluation de notre travail qui comporte 4 critères: (i) Qualité de l’outil numérique, (ii) Qualité de l’animation, (iii) Réception des élèves, (iv) Bénéfice pour les apprentissages.
Chacun de ces critères est noté de 1 à 5. Et une page de notre site est régulièrement mise à jour qui indique:

  • Le nombre de référents ayant répondu à notre questionnaire (22 à ce jour)
  • La note (/5) pour chacun de ces critères.
  • La moyenne générale (/5) (qui est, à ce jour, de 4,8).

Nous ne rendons publiques (sur notre site) que des données chiffrées. Mais nous sommes prêts à fournir à tout moment, sur demande de nos autorités de tutelle, les tableaux-sources qui nous permettent de dégager ces données.

… À la fin de l’envoi, je touche: On se demande quelquefois pourquoi le dossier Cerfa n’est pas plus largement utilisé pour évaluer la réalité des actions financées par les deniers publics… 

Objectif pédagogique: Comment faire en sorte que l’activité des élèves se prolonge quand ils rentrent chez eux, après une séquence de Lecture Mémorielle Partagée (LMP) basée sur l’usage d’un M@P?

Compétences visées: Usages des outils numériques, écriture de textes argumentatifs (l’élève donne un avis sur le texte étudié et/ou sur la qualité de l’animation) et d’invention (l’élève produit un autre texte que le texte étudié lui inspire par la forme ou par le thème).

À la fin de la séquence, si je suis en connexion:

  • J’ouvre la page d’accueil du site. Et, en partant de la mention « Catalogue en ligne », je montre le chemin qui conduit à l’article du site dans lequel est contenu le M@P que j’ai présenté.
  • Si le serveur autorise l’accès à YouTube, j’en profite pour montrer, sur la vidéo du M@P, en haut, à gauche, l’icone qui permet d’accéder à la Playlist des Moulins à paroles (M@P).
  • Puis, au pied de la page de l’article, je montre l’espace réservé aux commentaires, où j’explique aux élèves qu’ils pourront publier leurs propres remarques.
  • (Je précise que les commentaires postés seront modérés avant d’être publiés.)

Si je ne suis pas en connexion:

  • Je donne aux élèves l’adresse du site (TouslesMap.org)
  • Je leur explique qu’à partir de la page d’accueil, ils doivent être capables de retrouver l’article qui contient le M@P que j’ai présenté.
  • J’ajoute que, s’ils parviennent à retrouver cette page, ils peuvent poster une remarque (même très brève) dans la partie ouverte aux Commentaires qui se trouve au bas de la page.
  • J’ajoute encore qu’ils peuvent rédiger (seuls ou à plusieurs) un commentaire, ou un texte d’invention, que leur inspire le M@P travaillé, et l’envoyer par e-mail à l’adresse contact[@]touslesmap.org. Je leur demande de bien préciser, dans cet e-mail, qui ils sont (école, collège, bibliothèque…), à quelle séquence de travail (date et heure) ils font référence, et surtout à quel M@P.
  • S’il est de bonne qualité, nous publierons ce commentaire sur le site.

Dans tous les cas, les meilleurs commentaires publiés feront gagner à ceux qui les ont postés des M@P papier ou des clés USB.

Remarque:

  • L’élève sera heureux de voir que l’animateur lui-même adopte la même démarche. Il pourra constater, en allant sur l’article qui contient le M@P étudié, et en lisant les commentaires, que l’animateur a lui-même déjà publié le sien.
  • Le commentaire de l’animateur peut porter sur le texte étudié (thème, qualité littéraire, aspects grammaticaux et orthographiques), sur le lieu qui l’a accueilli (la classe est-elle jolie, bien décorée?), sur l’attitude des élèves eux-mêmes (ceux-ci se sont-ils montrés particulièrement intéressés, ont-ils fait des remarques pertinentes, amusantes, ont-ils soulevé des questions d’interprétation auxquelles l’animateur n’avait pas songé?)

Cet article vous a-t-il été utile?
Voyez-vous des précisions ou des corrections à lui apporter?
Merci d’ajouter vos remarques, ici, en commentaire.

Ma grand-mère maternelle, Thérèse Melia, originaire de Palma de Majorque, elle-même née à Kouba, près d’Alger, le 28 décembre 1903, faisait tourner les tables. Je ne l’ai jamais vu exercer cet art, mais elle nous racontait que, quand elle était très jeune, elle accomplissait cette sorte d’exploit avec facilité et insouciance, aussi souvent que l’envie lui en prenait, jusqu’au jour où un incident s’est produit. La table qu’elle faisait valser au-dessus du sol s’est attaquée à son frère. Dans l’histoire, la jeune fille aimait beaucoup son frère (je ne l’ai pas connu mais je crois me souvenir qu’il s’appelait Joseph, qu’il était plus âgé qu’elle, qu’il mourut à la suite de la Guerre 14-18 où il avait été gazé et qu’elle ne parlait jamais de lui sans préciser qu’il était beau) mais, pour une raison qu’on ignore, la table, elle, lui en voulait à mort. Pour preuve, Thérèse se trouve un jour à l’étage de la maison qu’ils habitent ensemble, occupée à son jeu favori, quand son frère fait son entrée par la porte du bas (disons qu’il revient du travail, ou de voir des amis), et soudain la table échappe au contrôle de la jeune sorcière, elle passe la porte, survole l’escalier et se jette sur le frère horrifié qui, du rez-de-chaussée où il est, la voit fondre vers lui comme une soucoupe volante. La table repousse le garçon contre un mur et, du bord de son plateau de bois, appuie sur sa gorge. Il hurle. Thérèse, du haut de l’escalier, hurle aussi, ordonnant à la table de lâcher prise, de remonter à l’étage d’où elle n’aurait jamais dû descendre, jusqu’à ce que celle-ci chute net sur le carrelage de l’entrée, aux pieds du garçon où elle se brise avec fracas. L’avertissement avait été sévère, à la suite duquel ma grand-mère nous assurait qu’elle n’avait plus jamais fait tourner de table, mais cela était dit avec un fin sourire qui nous faisait douter si l’histoire était vraie ou si les tables tournaient encore.