Un petit cochon
Pendu au plafond,
Tirez-lui la queue,
Il pondra des œufs,
Tirez-la plus fort,
Il pondra de l’or.
Combien en voulez-vous ?

Sur les comptines et formulettes d’élimination → Wikipédia

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Chères collègues et amies,

Je vous souhaite, au nom de toute l’équipe des Porteurs de « Moulins à paroles » (M@P), une stimulante et lumineuse année 2018 !

Des travaux importants ont été réalisés sur notre site pendant cette période de vacances.

Il s’agit, d’une part, d’un nouveau catalogue des M@P, qui s’ajoute à l’ancien. Celui-ci est fait pour permettre des recherches multi-critères. Il vous fournira un classement par siècle, des informations sur les thèmes abordés, sur les niveaux de difficulté, ainsi que sur les peintres et photographes auxquels nous avons demandé ou emprunté des illustrations.

Ancien et nouveau, les 2 catalogues se retrouvent sur cette page.

Par ailleurs, la proposition méthodologique pour l’apprentissage initial intitulée « Deux écritures », que certaines d’entre vous ont commencé d’expérimenter dans leurs classes, s’est beaucoup étoffée.

La page d’accueil du projet est ici.

Quant à la définition de la méthode et aux premiers outils pédagogiques nécessaires pour la mettre en œuvre, vous les trouverez ici.

Si vous souhaitez vous engager dans cette expérimentation, ou seulement être mieux informée de son contenu, n’hésitez pas à nous le faire savoir !

Je rappelle enfin que notre site montre un signe + en haut à gauche de sa page d’accueil, et que c’est sur lui qu’il faut cliquer pour accéder à + de ressources!

Allez !… Comme chante Camille, Allons…

Deux écritures est une méthode syllabique d’apprentissage de la lecture-écriture en français qui consiste à partir de la forme orale des mots, c’est-à-dire de la perception que les enfants ont de ceux-ci avant de savoir lire. Ainsi, on ne se demande pas d’abord comment se dit ce que l’on voit, mais plutôt comment ce que l’on dit vient se marquer (s’imprimer) à l’écrit.

La première constatation que les élèves sont invités à faire est qu’il n’existe pas de correspondance régulière (1 pour 1) entre la chaîne de signes que l’on entend (phonèmes) et celle des signes que l’on voit (lettres). Cela s’observe dans un mot d’une seule syllabe comme JOUR. On met en évidence que cette syllabe se compose de 3 signes qu’on entend (sons ou phonèmes) tandis que le mot écrit se compose de 4 signes (lettres).

On fait entendre que le son clair, qui est au cœur de cette syllabe, est le /u/ et qu’il se marque (s’imprime) avec deux lettres. Nous convenons que désormais celui-ci, dans tous les cas, sera appelé voyelle, et que l’on coloriera en bleu la ou les les lettres qui le marquent.

Les autres sons ne sont pas clairs, ce sont plutôt des bruits. Nous convenons que désormais ils seront appelés consonnes, et que nous colorierons en rouge les lettres qui les marquent.

Après quoi, nous découpons d’autres mots en syllabes et, dans chaque syllabe, nous faisons le même travail. Ce qui signifie que le mode d’apprentissage proposé aux élèves consiste à produire un codage colorié de mots dont ils n’ont pas à prédire la forme orale à partir de la forme écrite, ni l’inverse, qu’ils n’ont donc pas à lire ou à écrire, mais dont leur seront indiquées, d’entrée de jeu, la forme orale et la forme écrite.

Remarques

  1. La méthode des Deux écritures pourrait être qualifiée d’ultra-syllabique dans la mesure où elle repose toute entière sur la perception et la manipulation de la syllabe, sans que soit enseignée une valeur phonétique supposée des graphèmes. Ceux-ci, en effet, (a) sont jugés trop nombreux pour fournir une base d’apprentissage, (b) ont le statut d’entités abstraites dont la réalité (et donc la valeur phonétique) ne se vérifie qu’à l’intérieur des mots-formes une fois ceux-ci identifiés et donc compris (ex. BER.GER).
  2. À la différence de plusieurs autres méthodes, Deux écritures ne se propose pas de codifier les contrastes phonémiques à l’intérieur des trois grands systèmes (voyelles, consonnes, semi-consonnes), ce qui serait le cas si nous attribuions la même couleur à tous les phonogrammes correspondant au même phonème. Nous nous en tenons à contraster, à l’intérieur de la syllabe, la voyelle et ses éventuels satellites des deux catégories: consonnes et semi-consonnes. Pourquoi? D’abord parce que, sur le versant de la lecture, il ne nous paraît pas opportun de remplacer le système d’écriture alphabétique de la langue par un autre système qui le redoublerait, que l’élève aurait à apprendre et qui s’avèrerait au moins aussi complexe. Ensuite parce que, sur le versant de l’écriture, nous souhaitons que l’élève puisse, le plus tôt possible, aller chercher lui-même, derrière l’écriture canonique, la chaîne de contrastes phonémiques catégoriels (voyelle, consonnes, semi-consonnes) qui forme l’architecture de la syllabe. Or, avec le système restreint que nous proposons, il peut se livrer lui-même à ce codage, qui représente un travail de manipulation matérielle, dès la première séquence de découverte.

À l’invitation de Bruno De Cara, j’interviendrai demain devant les professeurs stagiaires du CAPPEI (Certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive) de l’ESPE de Nice, en son pôle de Draguignan, pour leur présenter la méthode des « Deux écritures ».

Ci-dessous le diaporama que j’ai préparé pour cette rencontre, que je fais suivre de quelques remarques.

Les méthodes classiques d’apprentissage de la lecture-écriture en français reposent sur la prédiction. On enseigne des règles qui permettraient de prédire l’oral à partir de l’écrit (lecture) ou de prédire l’écrit à partir de l’oral (écriture). Or ces règles sont très nombreuses et toutes incertaines.

Il est plus difficile de les apprendre que d’apprendre à lire et à écrire. Et, parce qu’il n’en est pas une seule sur laquelle il puisse s’appuyer de manière sûre, elles procurent à l’élève un sentiment de désarroi et d’insécurité.

À la différence de celles-ci, la méthode des « Deux écritures » consiste à observer et à décrire la réalité des mots-formes. Elle donne l’occasion aux élèves de parler de ces mots, de les scruter et de les manipuler jusqu’à produire des codages convaincants.

L’élève qui apprend à lire-écrire se voit ainsi engagé dans une démarche expérimentale, à caractère collectif, qui comporte des essais, des tâtonnements, des vérifications, des erreurs, des corrections, et qui permet de dégager des règles de manière inductive.

Exemple:

  • Quelqu’un propose de coder la forme PETIT, telle qu’on l’entend dans J’ai un petit frère.
  • Pierre propose PE.TIT ♦︎♦︎.♦︎♦︎♦︎
  • On demande à Julie de lire ce mot tel que Pierre l’a codé.
  • Julie prononce alors, si sa lecture est exacte, la forme PETITE telle qu’on la rencontre dans J’ai une petite sœur.
  • On remarque ainsi que le ‘e’ muet fait entendre une consonne terminale qui se note à l’écrit mais qui, sans lui, resterait muette.
  • La forme PETIT, telle qu’on l’entend dans J’ai un petit frère, doit donc se coder PE.TIT  ♦︎♦︎.♦︎♦︎

Activités d’apprentissage

La ferveur dont témoigne le peuple à l’égard de Johnny Halliday trahit une souffrance, non pas d’être pauvre mais de n’être pas libre comme lui l’a été, a tellement voulu l’être, à quel prix. Ses obsèques ont donné lieu à une cérémonie religieuse, la plus belle sans doute à laquelle il nous ait été donné d’assister. Le moment de la prière universelle, pris en charge par Carole Bouquet en dialogue avec le quatuor des guitaristes, était à la fois bouleversant et joyeux. Carole Bouquet souriait au milieu des larmes. Les guitaristes semblaient descendus d’une roulotte. Et l’on se souvenait que Daniel Rondeau, quelques instants auparavant, avait parlé de notre rocker comme d’un artiste forain. Un saltimbanque à la manière de ceux en bleu et rose que Picasso et Apollinaire célébraient. Il reste à espérer que cette cérémonie servira de modèle à beaucoup d’autres, et qu’on ira plus loin, en encourageant les croyants des autres religions à s’y exprimer, et les non-croyants aussi. Nous méritons la paix. Fini de visionner, sur Netflix, la saison 1 de Stranger Things des frères Matt et Ross Duffer. L’utilisation du noir m’a fait songer à Anish Kapoor. La nuit était du même noir, hier, à cinq heures, quand je suis sorti pour acheter de la bière et qu’il pleuvait.

« Les choses dont je me souviendrai quand je serai mort » titre une catégorie allumée dans mon cerveau comme une ampoule électrique dans les installations de Tony Oursler. Attachée au quartier dit des Musiciens que nous habitons et dont j’ai cru retrouver la vibration voici peu dans le dernier livre de Patrick Modiano, Souvenirs dormants. Qui ne concerne pas les souvenirs heureux, ni les plus tristes, mais ceux que marque le sentiment de choses frôlées et reconnues sans que, dans cette existence-ci, elles n’aient trouvé de réalisation. Certains appartements en rez-de-chaussée de la rue Durante, précédés d’un jardin, qu’on aperçoit derrière des grilles, où poussent de maigres citronniers. Ici nous étions attendus, derrière des persiennes peintes en vert, dans de vastes appartements qui sentaient la poussière, pour participer aux réunions de groupes hétéroclites. Des personnes de tous âges qui s’asseyaient en tailleur, à même le tapis, pour évoquer d’autres dimensions de nos existences. D’autres mondes. Peut-être le voyage dans l’Inde himalayenne dont l’une de ces personnes était revenue et dont elle acceptait de nous relater l’expérience. Son récit, égrené yeux mi-clos, évoque un itinéraire effectué à pied dans la montagne, le long d’un torrent. Dans les éclats de pierre et dans la neige encore, où coule une eau terriblement froide dont le fracas vous assourdit. Grelottants sur les berges se tiennent des esprits qui ont pris l’apparence d’épouvantails, ou de marionnettes de bois et de chiffon.

Je me souviens de Patrick Modiano invité avec Philippe Sollers sur le plateau d’Apostrophe. Sollers, brillant, disserte, explique, pérore, tandis que Modiano se tait. Bien sûr. Puis Bernard Pivot se tourne vers lui et lui demande ce qu’il pense de l’écriture de Sollers. Silence, bégaiements. On se dit qu’il ne pourra jamais. Jusqu’à ce qu’une petite voix susurre : « Heu… j’aime beaucoup. C’est comme heu… du Johnny Hallyday. »