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La grande chaleur d’août, la nuit passée à l’encre du repos, du retrait solaire, les formes des cyprès, des oliviers, des pins, sur une colline gris et blanc aux étoiles, tracée de vignes, remuée d’insectes, de rumeurs, tout cela était une profusion de signes ; signes qui annonçaient tous, qui tous disaient ensemble : Méditerrannée.

Jacques Roubaud, ‘le grand incendie de londres’, Édition du Seuil, 2009, p. 373.

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C’est pourquoi, sitôt que l’âge me permit de sortir de la sujétion de mes précepteurs, je quittai entièrement l’étude des lettres ; et me résolvant de ne chercher plus d’autre science que celle qui se pourroit trouver en moi-même, ou bien dans le grand livre du monde, j’employai le reste de ma jeunesse à voyager, à voir des cours et des armées, à fréquenter des gens de diverses humeurs et conditions, à recueillir diverses expériences, à m’éprouver moi-même dans les rencontres que la fortune me proposoit, et partout à faire telle réflexion sur les choses qui se présentoient que j’en pusse tirer quelque profit. Car il me sembloit que je pourrois rencontrer beaucoup plus de vérité dans les raisonnements que chacun fait touchant les affaires qui lui importent, et dont l’événement le doit punir bientôt après s’il a mal jugé, que dans ceux que fait un homme de lettres dans son cabinet, touchant des spéculations qui ne produisent aucun effet, et qui ne lui sont d’autre conséquence, sinon que peut-être il en tirera d’autant plus de vanité qu’elles seront plus éloignées du sens commun, à cause qu’il aura dû employer d’autant plus d’esprit et d’artifice à tâcher de les rendre vraisemblables. Et j’avois toujours un extrême désir d’apprendre à distinguer le vrai d’avec le faux, pour voir clair en mes actions, et marcher avec assurance en cette vie.

[Discours de la méthode (1637), Première partie. Texte établi par Victor Cousin, Levrault, 1824, tome I (pp. 121-132) → Wikisource.]

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Quand la chèvre blanche arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n’avaient rien vu d’aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu’à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d’or s’ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu’ils pouvaient. Toute la montagne lui fit fête.

Dans Lettres de mon moulin (1869)

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He understood irrigation and the art of war-the qualities of weapons and the craft of boat-building. He could conceal his heart; had more endurance; he could swim longer, and steer a canoe better than any of his people; he could shoot straighter, and negotiate more tortuously than any man of his race I knew. He was an adventurer of the sea, an outcast, a ruler-and my very good friend. I wish him a quick death in a stand-up fight, a death in sunshine; for he had known remorse and power, and no man can demand more from life. [Read More…]

‘Karain: A Memory’, in Tales of Unrest (1898)

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You could see Mr. K himself in his room, reading from a metal book with raised hieroglyphs over which he brushed his hand, as one might play a harp. And from the book, as his fingers stroked, a voice sang, a soft ancient voice, which told tales of when the sea was red steam on the shore and ancient men had carried clouds of metal insects and electric spiders into battle.

The Martian Chronicles (1950)

[On pouvait voir Mr. K dans sa pièce personnelle, en train de lire un livre de métal aux hiéroglyphes en relief qu’il effleurait de la main, comme on joue de la harpe. Et du livre, sous la caresse de ses doigts, s’élevait une voix chantante, une douce voix ancienne qui racontait des histoires du temps où la mer n’était que vapeur rouge sur son rivage et où les ancêtres avaient jeté des nuées d’insectes métalliques et d’araignées électriques dans la bataille.]