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Retenez-vous de rire
dans le petit matin !

N’écoutez pas les arbres
qui gardent le chemin !

Ne dites votre nom
à la terre endormie
qu’après minuit sonné !

À la neige, à la pluie
ne tendez pas la main !

N’ouvrez votre fenêtre
qu’aux petites planètes
que vous connaissez bien !

Confidence pour confidence :
vous qui venez me consulter,
méfiance, méfiance !
On ne sait pas ce qui peut arriver.

Monsieur monsieur (© Éd. Gallimard, 1951)

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Étant arrivée à la porte du cabinet, elle s’y arrêta quelque temps, songeant à la défense que son Mari lui avait faite, et considérant qu’il pourrait lui arriver malheur d’avoir été désobéissante; mais la tentation était si forte qu’elle ne put la surmonter: elle prit donc la petite clef, et ouvrit en tremblant la porte du cabinet. D’abord elle ne vit rien, parce que les fenêtres étaient fermées; après quelques moments elle commença à voir que le plancher était tout couvert de sang caillé, et que dans ce sang se miraient les corps de plusieurs femmes mortes et attachées le long des murs (c’était toutes les femmes que la Barbe bleue avait épousées, et qu’il avait égorgées l’une après l’autre). Elle pensa mourir de peur, et la clef du cabinet qu’elle venait de retirer de la serrure lui tomba de la main.

Histoires ou Contes du temps passé (1697)

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Lorsque le Chat eut ce qu’il avait demandé, il se botta bravement, et, mettant son sac à son cou, il en prit les cordons avec ses deux pattes de devant, et s’en alla dans une garenne où il y avait grand nombre de lapins. Il mit du son et des lasserons dans son sac, et, s’étendant comme s’il eût été mort, il attendit que quelque jeune lapin, peu instruit encore des ruses de ce monde, vînt se fourrer dans son sac pour manger ce qu’il y avait mis.

Histoires ou Contes du temps passé (1697)

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L’histoire de cette chanson traditionnelle est ancienne et pleine de richesses. On ne se lasse pas de fouiller les articles de Wikipédia (français et anglais) qui la concernent.

Pour ce M@P, j’ai retenu les paroles de la légendaire version fournie par Simon et Garfunkel en 1966 (dans l’album Parsley, Sage, Rosemary and Thyme) dont on sait qu’elle devait être reprise, l’année suivante, dans la bande originale du non moins légendaire film de Mike Nichols, The Graduate (Le Lauréat), avec Dustin Hoffman et Katharine Roos dans les rôles principaux.

Il me paraît indispensable de rappeler, néanmoins, que l’invention des deux new-yorkais avait été précédée, dès 1963, par une adaptation signée Bob Dylan, qu’il intitulait The North Country Girl, et dans laquelle le jeune folk singer originaire du Minnesota et admirateur de Woody Guthrie, tirait cette chose superbement british beaucoup plus à l’ouest.

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You could see Mr. K himself in his room, reading from a metal book with raised hieroglyphs over which he brushed his hand, as one might play a harp. And from the book, as his fingers stroked, a voice sang, a soft ancient voice, which told tales of when the sea was red steam on the shore and ancient men had carried clouds of metal insects and electric spiders into battle.

The Martian Chronicles (1950)

[On pouvait voir Mr. K dans sa pièce personnelle, en train de lire un livre de métal aux hiéroglyphes en relief qu’il effleurait de la main, comme on joue de la harpe. Et du livre, sous la caresse de ses doigts, s’élevait une voix chantante, une douce voix ancienne qui racontait des histoires du temps où la mer n’était que vapeur rouge sur son rivage et où les ancêtres avaient jeté des nuées d’insectes métalliques et d’araignées électriques dans la bataille.]

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During the whole of a dull, dark, and soundless day in the autumn of the year, when the clouds hung oppressively low in the heavens, I had been passing alone, on horseback, through a singularly dreary tract of country; and at length found myself, as the shades of the evening drew on, within view of the melancholy House of Usher.
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Traduction française de Charles Baudelaire
Pendant toute la journée d’automne, journée fuligineuse, sombre et muette, où les nuages pesaient lourd et bas dans le ciel, j’avais traversé seul et à cheval une étendue de pays singulièrement lugubre, et enfin, comme les ombres du soir approchaient, je me trouvai en vue de la mélancolique Maison Usher.
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